L’ancien président de la FIFA Sepp Blatter s’est expliqué hier face à la justice suisse sur les 2 millions de francs suisses versés à Michel Platini, une affaire qui a mis les deux hommes au ban du football mondial.
Accompagné de son avocat, mince sourire aux lèvres, Sepp Blatter est arrivé, hier, peu après 9h devant le siège du Ministère public de la Confédération (MPC) à Berne, où Michel Platini avait été interrogé la veille sur les mêmes faits. « C’est le moment où on commence à parler de ce dossier qui dure depuis cinq ans, et sur lequel on ne m’a jamais posé de questions, donc je suis content de pouvoir donner des informations là-dessus », a déclaré l’ancien dirigeant en descendant de sa berline. La durée de son audition n’est pas connue, mais la veille, Michel Platini, également arrivé en début de matinée, avait répondu aux questions du procureur Thomas Hildbrand jusqu’à la mi-journée. Sepp Blatter est visé depuis septembre 2015 par une enquête pour « gestion déloyale », après la découverte du paiement consenti par la Fifa à Michel Platini de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) début 2011, pour un travail de conseiller remontant à la période 1999-2002.
Une suspension de plusieurs années
Ce dossier a valu à Blatter, 84 ans, comme à Platini, une suspension de plusieurs années de toute activité liée au football, qui a empêché l’ancien président de l’UEFA de briguer en 2016 la présidence de la FIFA. Le parquet a élargi en mai dernier ses investigations à l’ex-star des Bleus, désormais poursuivi pour « complicité de gestion déloyale, détournement et faux dans les titres », ainsi qu’à l’ancien secrétaire général de la Fifa Jérôme Valcke et à l’ex-directeur financier Markus Kattner.
Blatter et Platini martèlent depuis cinq ans que cette somme est un reliquat de salaire correspondant à un accord passé entre eux au printemps 1998, alors que le Haut-Valaisan cherchait l’appui du triple Ballon d’or pour prendre la tête de la FIFA. Mais l’instance suprême du football déplore de son côté l’absence de contrat écrit prévoyant une telle rémunération, et en réclame le remboursement à Michel Platini devant la justice civile suisse. n