Les premières autorisations pour l’importation des véhicules neufs seront délivrées prochainement aux concessionnaires, a fait savoir hier le ministre de l’Industrie, Ferhat Ait Ali Braham, sur les ondes de la radio nationale. Il n’a, cependant, pas fixé l’échéance exacte de l’entame de cette opération qui permettra, enfin, de faire sortir le marché de l’automobile en Algérie de la léthargie dans laquelle il a été plongé durant toute l’année 2020, suite à la fermeture des usines d’assemblage implantées localement.
L’étape des autorisations d’importation interviendra après l’octroi des premiers agréments aux opérateurs retenus pour cette activité, et dont la liste devait être communiquée hier par le Comité technique interministériel chargé de l’examen et du suivi des dossiers relatifs à l’exercice de l’activité de concessionnaires de véhicules neufs, son organisation et son fonctionnement. L’annonce de l’octroi des premiers agréments pour hier a eu lieu mercredi dernier par le premier responsable du secteur, et hier, M. Ait Ali a encore confirmé l’information en précisant que cette annonce devait avoir lieu dans l’après-midi, en laissant clairement entendre que la libération des agréments a été décidée suite aux instructions émanant du président de la République, après son retour de son séjour médical en Allemagne.
«On a reçu depuis le début de l’année en cours des instructions du président de la République, et il y a un accord unanime au niveau du gouvernement pour libérer l’importation des véhicules neufs afin d’alimenter le marché national en véhicules de tout genre, notamment utilitaires qui sont nécessaires pour les Institutions et les commerçants», a indiqué l’intervenant qui multiplie les sorties médiatiques depuis le début de la nouvelle année.
En effet, la veille, Ferhat Ait Ali était l’invité du forum d’Echaab pour une nouvelle série de questions-réponse sur le secteur industriel, et dont le gros des interventions avait été, comme de coutume, consacré au dossier de l’automobile, sur fonds d’un cafouillage et de contradictions dans le discours qui persistent et qui laissent transparaître les difficultés que rencontre le ministère de l’Industrie à le gérer.
Sur le sujet précis des agréments, il a fait savoir que «40 dossiers de concessionnaires locaux, déposés en ligne, sont complets au niveau du ministère». Référence faite sans doute à ses déclarations faites il y a quelques jours, chiffrant à plus de 180 dossiers du genre déposés, mais dont la plupart étaient incomplets, avait-il expliqué. Hier, sur les ondes de la radio nationale, il est revenu sur ce point pour justifier le retard qui a caractérisé l’opération agréments, sachant que les toutes premières demandes avaient été déposées par les opérateurs intéressés depuis déjà trois mois et que le délai d’attente d’une réponse était fixé à un mois.
«Pour l’instant, sur le plan documentaire, nous avons recensé 40 dossiers qui sont complets (…) et nous avons tardé dans le choix des dossiers d’importateurs de véhicules neufs, car il fallait bien examiner leur conformité aux conditions fixées dans le cahier des charges et s’assurer que le client ne soit pas pris en otage comme c’était le cas dans le passé», a-t-il dit, ajoutant que «ce n’est pas l’Etat qui va importer les véhicules, mais les concessionnaires». C’est pourquoi, «ceux qui ont des dossiers propres et qui répondent aux conditions fixées dans le cahier des charges, seront retenus», a-t-il insisté, avant de revenir à la charge et d’affirmer que la finalité n’est pas d’encourager l’importation, mais de bâtir une vraie industrie automobile en Algérie.
Un plafond de
2 milliards de dollars
Concernant le montant qui sera alloué aux importations des véhicules neufs, Ferhat Ait Ali l’a estimé à un maximum de 2 milliards de dollars qui englobera les véhicules touristiques ou utilitaires, les bus et les camions.
Pour rappel, ce montant avait été déjà évoqué il y a quelques mois, par le même responsable. Un plafonnement qui ne passera pas par le système de quotas, mais par des mesures introduites par le nouveau cahier des charges relatif à l’activité de concessionnaire, à l’exemple de la limitation de la représentation à deux marques seulement, sur fond d’une longue liste de contraintes administratives, juridiques et bancaires qui réduisent sensiblement les manœuvres des concessionnaires. A cela s’ajoutent, ben sûr, les surtaxes que seront obligés de payer les importateurs de véhicules de luxe.
Le ministre a en effet rappelé hier que les importations des véhicules touristiques ou utilitaires, camions y compris, seront plafonnées à 2 milliards de dollars au grand maximum.
Ait Ali a indiqué que le recours à l’importation des véhicules est autorisé afin d’alimenter le marché national, en précisant que les véhicules touristiques de hautes gammes seront surtaxés. <