La « répression » qui a marqué la marche, qui devait avoir lieu lundi vers le Palais du gouvernement à l’appel de la Coordination des enseignants du cycle primaire, a suscité l’indignation des organisations syndicales du secteur de l’Education nationale. Bien qu’elles n’expriment pas assez de sympathies à cette coordination, la solidarité était aussi au rendez-vous.
C’est le cas du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire (Cnapeste) qui a exprimé hier « son rejet de toutes
les violences et les arrestations perpétrées contre les enseignants
du primaire ». Un membre de cette organisation a estimé que rien ne
peut justifier le recours à la force contre des enseignants « qui n’expriment que des revendications pour l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles ».
Même son de cloche chez l’Union nationale des personnels de l’enseignement et de la formation (Unpef) qui a exigé, dans un communiqué rendu public à l’issue de cette action qui a fait parler d’elle dans le secteur, des hautes autorités du pays de « prendre en charge et de façon urgente les revendications dans le secteur de l’Education nationale».
Par ailleurs, et en termes d’évaluation de l’action et des suites à lui donner dans les prochains jours, la Coordination nationale des enseignants du cycle primaire tire une appréciation plutôt positive de sa première réaction après la marche empêchée lundi par les forces de sécurité. Des enseignants et élèves du cycle primaire ont adhéré hier aux sit-in de protestation tenus dans des établissements scolaires en signe de solidarité avec les enseignants contestataires « malmenés » lors d’une marche qu’ils ont organisée à Alger à l’appel de la Coordination nationale des enseignants du primaire, selon des animateurs de cette coordination.
La même coordination avait appelé à cette action afin de faire aboutir des revendications socioprofessionnelles à l’origine d’un mouvement de grève depuis le 6 octobre dernier.
« Des sit-in d’une durée de dix minutes ont été observés juste avant la rentrée en classe dans beaucoup d’établissements primaires au niveau national suite à l’appel de cette coordination», a indiqué Lotfi Mehargua, membre national de la même organisation, qui a estimé le taux d’adhésion à cette action de protestation à 60% à l’échelle nationale. Dans la wilaya de Bordj Bou-Arréridj, la wilaya qu’il représente, le même intervenant parle d’un taux de 80% des primaires. A travers des photos que le membre de la coordination nationale a publiées sur sa page Facebook, la protestation a été organisée dans plusieurs établissements primaires.
A Tipasa, le membre de la coordination nationale des enseignants du primaire et également représentant de cette wilaya, Mohamed Bilal Tlemçani, a considéré que l’adhésion des enseignants du cycle primaire à l’appel de protestation de la coordination était « considérable ». Qu’en est-il des prochaines actions à prévoir à la lumière de la marche avortée ? Les représentants de la coordination sollicités ne voulaient pas s’aventurer. Ils estiment cependant que des réunions d’évaluation seront tenues ces jours-ci pour définir le type d’actions.