Pour le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, l’incident de fuite de pétrole de deux pipelines à El Oued, est une leçon qu’il faut retenir. Et afin d’éviter que ce genre d’incident ne se reproduise, a-t-il annoncé hier dans une conférence, au siège de son département, un groupe de travail mixte est installé sur décision interministérielle, afin de mettre en place un plan Orsec anti-rupture de pipelines. «Chaque membre de ce groupe sera désigné sur décision interministérielle afin de définir les responsabilités et fixer les dates pour exposer les premiers résultats. Il s’agit d’experts issus de plusieurs départements ministériels en plus de ceux de Sonatrach», a-t-il expliqué.
Le groupe, a-t-il indiqué, aura pour missions l’évaluation du réseau du transport d’hydrocarbure, comportant 22 000 km de canalisation, avec une capacité opérationnelle de 405 millions de TEP/an. «Il aura à analyser l’ensemble des réseaux de transports et des installations liées à cette activité et à l’actualisation de la cartographie des sites hydrocarbures, en incluant d’autres informations en rapport avec les ressources en eau et avec la vie urbaine. Cela va permettre d’identifier les risques potentiels et de les prévenir», a-t-il souligné, signalant que ce groupe fera aussi l’inventaire et les fiches sémantiques de chaque site hydrocarbure. Chaque fiche, a-t-il exigé, doit être accompagnée par des recommandations. Le but est de faciliter la mise en place de systèmes d’alerte afin de permettre aux équipes l’intervention d’agir rapidement. «Sonatrach et Sonelgaz font de leur mieux pour épargner les vies humaines, l’environnement, la flore et la faune. Mais le risque zéro n’existe pas. Il ne s’agit pas, dans ce groupe de travail, de changer les méthodes de prévention ou les textes réglementaires. Mais d’apporter un plus en matière de vigilance afin d’éviter notamment que l’incident d’El Oued ne se reproduise», a-t-il soutenu.
A ce propos, le Directeur général de l’Agence nationale des ressources hydriques (ANRH), Toufik Mesarti, a fait part de la contamination de 14 puits d’irrigation, implantés sur le lit des oueds, suite à cet incident. «Nous avons traité 70 points d’eau et des échantillons sont toujours en cours d’analyse. Pour le moment, nous sommes sûrs que la nappe phréatique, qui alimente les oueds, n’est pas contaminée ainsi que les puits situés sur les deux rives des oueds. N’empêche que nous avons décelé des traces d’hydrocarbures à 40 km de cette région, qu’il faudra prendre en charge. Surtout qu’un gisement de sel en exploitation se trouve à proximité», a-t-il fait savoir.
La ministre de l’Environnement, Nassira Benharrats, a annoncé, pour sa part, la constitution d’autres groupes mixtes, avec d’autres secteurs, pour minimiser tout risque pouvant impacter l’environnement et la santé humaine. «Le groupe mixte installé aujourd’hui va contribuer à identifier les sites vulnérables, les analyser en profondeur dans le but de prévenir contre les accidents à haut potentiel, sur le réseau de transport notamment», dit-elle. Assurant que son département s’est engagé dans une démarche de prévention, fondée sur l’analyse des accidents déjà survenus et le partage des expériences. «La prévention contre les risques est au cœur de nos préoccupations comme dans celles du ministère de l’Energie. Evaluer les risques environnementaux, économiques et sanitaires de chaque site vulnérable ainsi que les pollutions accidentelles qu’ils peuvent causer, est impératif», a-t-elle estimé. Son département, a-t-elle poursuivi, se veut comme accompagnateur dans les opérations d’installation et d’inspection pour détecter d’éventuels dysfonctionnements mais aussi pour la mise en œuvre de plans de sécurité et de remédiation.