De la victoire électorale à la crise interne. C’est la réalité du FLN, sorti pourtant victorieux lors des législatives anticipées du 12 juin dernier avec 98 sièges, il vit, depuis, un malaise organique qui risque de provoquer des changements lourds dans ses structures, puisque c’est la tête de son secrétaire général qui est réclamée par les voix contestataires.

PAR NAZIM BRAHIMI
Abou El Fadhel Baadji fait, en effet, face à une contestation qui s’intensifie davantage jusqu’à réclamer un congrès extraordinaire. La gestion d’El Baadji était déjà contestée bien avant le camouflet subi par l’ex-parti unique, qui n’a pas eu la présidence de l’APN ni une présence significative dans le gouvernement de Benabderrahmane, nommé la semaine passée.
D’ailleurs, les adversaires d’El Baadji annoncent pour les prochains jours l’introduction d’une demande d’autorisation auprès du ministère de l’Intérieur pour la tenue d’une réunion du comité central, qui ouvrira la voie à l’organisation du congrès du parti.
«Le FLN a perdu du terrain, il n’a eu que 98 sièges à l’Assemblée populaire nationale. Une honte pour une formation comme le FLN. Ce personnage, proche de Amar Saâdani, n’est pas légitime et de ce fait il doit impérativement partir», a estimé Tahar Kaïs, une des voix de la contestation. Même son de cloche chez Mohamed Issad, membre du comité central et coordinateur du bureau provisoire, lequel a soutenu que «El Baadji est indésirable au FLN. Il est de notre devoir de libérer le parti de ceux qui en font mauvais usage». La même source reproche, dans ce sens, à la direction, un résultat «médiocre» lors des législatives, estimant «ridicule» que l’ancien parti unique «récolte autant de sièges que les indépendants…». Une autre voix parmi les contestataires résume la situation qui prévaut au sein du parti en soulignant que «le marasme est profond, la liste des mécontents ne cesse de s’allonger. Les deux-tiers du comité central sont contre la politique d’El Baadji. Ce qui nous permet de demander une autorisation pour la tenue d’un congrès».
Les déclarations de ces dirigeants sont manifestement révélatrices d’une opposition déterminée contre la personne de Baadji, dont les récents évènements ne lui ont pas été favorables, y compris les résultats aux législatives, bien que le parti a décroché la première place. Cette dissidence vient ainsi en prolongement aux premières voix contestant le secrétaire général du FLN bien avant le dernier rendez-vous électoral.
«Celui qui a été désigné à la tête du FLN ne répond pas aux conditions d’éligibilité pour le poste de secrétaire général et n’a pas le strict minimum des conditions pour pouvoir militer au sein du parti», avait martelé Abada, pour qui Baadji ne peut pas prétendre diriger le FLN. «El Baadji avait été écarté d’un poste de chargé de mission, il y a quelques années, au ministère de la Justice, après une enquête d’habilitation négative et, par la suite, du poste de conseiller de Amar Saadani à l’APN, en raison de soupçons de liens avec des cercles constituant une menace pour la stabilité et la sécurité du pays», avait révélé Abada. En tout état de cause, les opposants à la gestion de Baadji disent travailler pour réunir les conditions de son départ, une perspective qui passe par l’obtention de l’autorisation de la tenue d’une session extraordinaire du comité central qui «aura à élire un nouveau secrétaire général et un nouveau bureau politique qui auront pour mission la préparation du prochain congrès du parti conformément à ses statuts et à son règlement intérieur».<