Les sanctions prises par la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) à l’encontre de la JS Kabylie et du MC Alger sont surprenantes. On peut même les qualifier de «minimes » relativement aux violences ayant fait 100 blessés lors de la demi-finale qui les a opposés le 13 avril dernier au stade du chahid Hamlaoui de Constantine.

La JSK a été sanctionnée de trois matches à huis clos dont un avec sursis, plus 200 000 DA d’amende, ainsi qu’une autre amende de 50 000 DA « pour mauvaise  organisation », en tant que club hôte.
Quant au MCA, il a écopé de trois matches à huis clos, dont deux matches avec sursis et 200 000 DA d’amende. Dans la pratique, c’est vraiment minime : deux matchs fermes à huis clos pour la JSK et un match ferme à huis clos pour le MCA ! Est-ce ainsi qu’on prétend combattre la violence avec fermeté et rigueur?
Il est vrai que la commission de discipline ne prend des décisions que sur la base du dossier et des éléments qui le composent. Et à la lecture de ce verdict, on s’aperçoit que ce sont des sanctions similaires à un « chahut » dans les tribunes, alors que les événements qu’a connus la ville de Constantine en ce 13 avril 2018 sont bien plus graves. Ce qui nécessite beaucoup plus de rigueur dans les sanctions.

Mellal et Benabderrahmane dédramatisent !

Le comble c’est que Nassim Benabderrahmane, directeur général des « Canaris », a réagi à cette sanction en déclarant qu’«on ne va pas se taire, c’est une injustice. Tout le monde a vu que les fans n’ont rien fait et que c’était la galerie adverse qui a eu un mauvais comportement. S’il y avait vraiment une mauvaise organisation, l’arbitre aurait arrêté le match. On ne va pas se taire, on va faire un recours et dimanche aux premières heures on va le déposer… »
Quant à Mellal, président du club, il se demande « pourquoi le MCA ne s’est vu sanctionner que d’un seul match à huis clos ?». A entendre ces deux responsables, on a l’impression qu’il ne s’agit vraiment pas d’un cas de violence grave !
Mais, les deux membres influents du directoire kabyle savent très bien qu’ils sont les premiers responsables dans l’organisation de ce match puisque c’est eux qui recevaient le Mouloudia d’Alger. Et justement, il est aussi utile de rappeler que tout était parti de cette histoire de domiciliation. Cette rencontre des demi-finales a fait couler beaucoup d’encre et on n’est pas près d’en finir avec les recours annoncés des deux directions.
En effet, cette rencontre avait été délocalisée à Constantine en raison de la capacité insuffisante du stade 1er-Novembre de Tizi Ouzou suivant les règlements de la Coupe d’Algérie. Et là, il n’y a pas lieu de fustiger la FAF, car les règlements sont les règlements. Maintenant s’il faut les changer, la procédure tout le monde la connait. Y compris et surtout ces personnes qui « défendent » l’indéfendable s’agissant de la violence menant des citoyens à l’hôpital.

Deux morts ? Et après !

La délocalisation du match, les responsables du « Doyen »  y avaient vu « une provocation » allant jusqu’à accuser la JSK d’avoir volontairement choisi cette enceinte en raison de la rivalité qui oppose le « Mouloudia » aux supporters du club  résidant, le Club sportif Constantine (CSC) en l’occurrence. Des images diffusées par des sites sportifs algériens montrent des supporters du CSC armés de frondes artisanales lançant des projectiles sur la tribune du MCA.
La suite, tout le monde la connait avec, entre autres, plus de 100 personnes admises à l’hôpital à l’issue du match entre les deux équipes, suite aux tirs de projectiles dans les tribunes et sur le terrain ainsi que des affrontements entre supporters et avec les forces de l’ordre. Il y avait deux morts par accident suite à ces événements sans oublier cette fameuse vidéo qui alimente les réseaux sociaux montrant un supporter jetant un autre dans un oued. Les événements étaient tellement graves que le gouvernement a décidé de mettre en place une commission d’enquête pour étudier les causes et les effets de la violence qui s’en sont suivis. Il est temps de prendre des décisions courageuses et « exemplaires » à l’encontre de tous les fauteurs de troubles pour endiguer ce phénomène nuisible à la société qui est la violence. Et rien qu’à son étendue à la « société », il faut même appliquer les lois et règlements en vigueur en dehors du contexte sportif…