Par Nadir Kadi
Le secrétaire général du Parti socialiste des travailleurs (PST) a, officiellement, réagi suite aux poursuites judiciaires engagées contre le mouvement à la demande du ministère de l’Intérieur. Mahmoud Rachidi, en mettant en avant la «menace de suspension» du PST, a ainsi fait savoir, dans une déclaration diffusée hier sur la page officielle Facebook du parti d’extrême gauche, que le PST «fait face à la répression». Le responsable, après avoir rappelé que le PST est agréé depuis 1989 et avoir longuement partagé le point de vue du mouvement, ajoute que le PST s’était mis en conformité avec la loi dès son congrès extraordinaire du 24 avril dernier.
En ce sens, rappelant que l’origine du «différend» remonte au «11 avril dernier (…) le ministère de l’Intérieur nous a demandé, par huissier de justice, de nous mettre en conformité dans un délai de 15 jours» avec les articles 66 et 67 de la loi sur les partis politiques. Mahmoud Rachidi explique ainsi que le PST s’est plié aux demandes, bien qu’il s’oppose à l’esprit de cette loi : «Pour nous, cette loi n’est pas démocratique parce qu’elle impose que les autorités contrôlent les partis politiques dans leur organisation (…) alors que nous estimons que le fonctionnement d’un parti concerne ses militants.»
Le responsable souligne que le PST a réussi «durant le délai de 15 jours» à remplir les demandes de la loi. Les documents qui le prouvent n’auraient cependant pas été «reçus» par le ministre de l’Intérieur : «Le délai était du 11 au 26 avril inclus (…) le 21 avril, nous avons répondu par écrit en stipulant que nous remplirons toutes les conditions légales dont les articles 66 et 67, mais aussi l’article 15 de nos statuts. Cependant, la lettre que nous leur avons adressée par huissier de justice n’a pas été reçue (…) L’huissier l’a donc envoyée par courrier recommandé le 21 avril. Nous avons le P-V.» Et le 24 avril, ajoute Mahmoud Rachidi, «nous avons organisé notre congrès extraordinaire (…) Nous avons fait notre rapport politique, notre rapport financier et le vote à bulletins secrets pour l’élection de la nouvelle direction. Mais le 25 avril, soit le quatorzième jour du délai de 15 jours, le ministère n’a pas souhaité prendre les documents qui prouvent la conformité qu’il nous a demandée. Le même jour l’huissier les a donc envoyés par courrier recommandé».
Le Secrétaire général du PST laisse en ce sens entendre que le parti s’est mis en conformité avec la loi, avec entre autres «la nomination du nouveau secrétaire général, même si je n’aurais peut-être pas souhaité y être». Mahmoud Rachidi ajoute que près d’un mois plus tard, «le 22 mai, une nouvelle lettre nous informe que le ministère s’était plaint auprès du Conseil d’Etat contre nous. Stipulant qu’une demande de suspension immédiate avait été déposée, en plus de l’arrêt de toutes les activités politiques et les locaux du parti (…) La raison est que le parti n’est pas en conformité et qu’il n’a rien fait durant la période de 15 jours qui lui a été accordée». Une situation que Mahmoud Rachidi qualifie «d’étrange et inimaginable (…) Nous sommes face à une répression caractérisée contre un parti politique» et qui se rapproche, selon lui, de «celle de l’UCP de Zoubida Assoul».