Plusieurs collectifs et personnalités politiques nationales planchent sur des solutions et des propositions de sortie de crise, en particulier dans la communauté estudiantine, dont un collectif a affirmé qu’il est en train de préparer une «feuille de route» pour sortir l’Algérie de la crise.
Les étudiants non seulement marchent depuis le 22 février pour le changement, mais comptent également participer activement à trouver des solutions à la crise. Depuis le 22 février, dans plusieurs facultés, instituts et écoles supérieures du pays, des comités autonomes sont créés, loin des organisations et syndicats estudiantins classiques. C’est le cas du collectif d’étudiants qui a été l’invité, hier, du forum du Courrier d’Algérie. Issus de différentes facultés et universités, ces derniers sont revenus sur le mouvement du Hirak et leurs propositions de sortie de crise. Selon ces derniers, une feuille de route en plusieurs étapes est en train de «mijoter». Elle comportera, selon eux, des propositions pour transition démocratique et une «sortie de crise pacifique». Le même collectif a appelé l’ANP à aider à «la consécration des attentes populaires dans le cadre du respect de la légitimité populaire». Les participants à cette rencontre ont par ailleurs lancé un appel au peuple algérien pour «maintenir leur mouvement de protestation et faire preuve de vigilance face à toute tentative d’infiltration, de dispersion ou de contournement de leurs revendications».
Le réveil estudiantin
Pour eux, l’Algérie a célébré le 19 Mai 1956. Une date qui rappelle l’engagement massif des étudiants algériens pour la cause nationaliste et leur apport dans la lutte pour libérer le pays du joug du colonialisme français. Une date qui intervient cette année dans une conjoncture particulière marquée par le mouvement populaire. Intervenant lors de cette rencontre, Karima Boulekraouet, représentante de la fac centrale, a indiqué qu’«il y a eu un éveil des consciences chez les étudiants», soulignant qu’«ils ont compris leur place dans la prise de décision et le développement du pays». Lui emboîtant le pas, un autre étudiant, ajoutera qu’«avant le 22 février, on ne nous a pas fait aimer la politique. Mais aujourd’hui la symbolique du 19 Mai 1956 est plus importante après le réveil des étudiants», indiquant que «le peuple est en train d’écrire un nouveau chapitre de son histoire et en tant qu’étudiants, nous ne pouvons que le soutenir par notre présence mais aussi par nos actions». Khaled Rezgui, membre du collectif des étudiants de l’Ecole nationale polytechnique, a estimé que «la classe politique n’est pas à la hauteur des attentes du peuple et manque de solutions concrètes». Pour lui, «le mal est profond et le 22 février n’était que la goutte qui a fait déborder le vase». Il a regretté la volte-face de certains acteurs qui ont tourné le dos au Hirak après l’avoir soutenu au départ.
Pour lui, il y a bel et bien une crise de confiance qui s’est installée entre les dirigeants et la société, entre les étudiants et les autres acteurs. «Cette crise de confiance nous empêche d’aller de l’avant. L’étudiant a une responsabilité historique», estime-t-il.
Prenant la parole, le chercheur en histoire, Mohamed Rebah, dira que le combat continue pour une Algérie libre et démocratique. Pour lui, «les étudiants de 1956 sont une fierté et un repère pour les étudiants de 2019. Notre cause est différente, mais le but est le même : l’indépendance et la liberté». «Aujourd’hui, les étudiants s’investissent plutôt dans une lutte pacifique en organisant tous les mardis, et ce depuis le 22 février, des marches pacifiques partout dans le pays, avec pour seules armes des chants et des slogans scandés à tue-tête», a-t-il ajouté.<