Les centres d’examen seront dès l’année prochaine dotés d’une technologie de pointe pour limiter les risques de triche et de fuite des sujets et mettre ainsi «fin aux coupures et perturbations d’Internet dans l’intérêt du citoyen», a annoncé le président de la République Abdelmadjid Tebboune, dans la soirée de dimanche dernier, lors de son entrevue avec des médias nationaux.
Le Président de la République a affirmé à ce sujet qu’il serait «intransigeant» par rapport au problème de coupures d’Internet qu’a connues récemment le pays, martelant que «nous avons régressé dans plusieurs domaines et le problème de débit d’Internet est scandaleux», précisant que «le pays qui se dirige vers l’économie numérique, le e-commerce et le e-paiement ne saurait avancer à pas sûrs sans un débit Internet fort et efficient». Citant les «bureaux de Poste qui disent aux clients que le réseau Internet n’est pas opérationnel, créant de longues files d’attente», il a réitéré sa fermeté sur la nécessité de solutionner ce problème, notamment au niveau des bureaux de Poste et autres structures publiques fréquentées par les citoyens.
Pour rappel, lors des perturbations enregistrées le 19 août dernier, le chef de l’Etat avait déjà ordonné «de mettre fin immédiatement et définitivement au problème du débit
Internet».
Mais à nouveau, dès le premier jour de l’examen du Bac 2020, le 13 septembre dernier, des coupures et perturbations Internet ont été constatées sur tout le territoire national pénalisant les citoyens, mais également les entreprises et les opérateurs économiques dont l’activité repose majoritairement sur Internet et sur le télétravail depuis la propagation du nouveau coronavirus.
Mustapha Zebdi, président de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de l’environnement (Apoce), avait récemment déclaré dans nos colonnes que «les autorités doivent réfléchir à d’autres moyens pour lutter contre la fuite des sujets et la fraude. On ne peut déconnecter tout un pays à chaque épreuve du baccalauréat. Cette situation ne peut perdurer.».
Mutapha Zebdi avait également affirmé que dès le premier jour des épreuves du bac, l’Apoce avait reçu des milliers de plaintes sur son numéro vert ou sur le site de l’association. Il avait ainsi lancé un appel aux pouvoirs publics pour trouver des solutions «radicales et définitives», car «il est inadmissible que cette situation persiste». En termes d’impact financier sur l’économie du pays lors des cinq jours des épreuves du baccalauréats, Younes Grar, PDG du fournisseur d’accès à Internet Gecos, avait estimé les pertes financières à 50 milliards de dinars, alors qu’Ali Kahlane consultant en transformation et maturation numérique et vice-président du Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care), les avait évaluées à 26 milliards de dinars.
Au final, le constat aujourd’hui est que le débit Internet est un enjeu stratégique dans un contexte de Plan de relance économique et social, où les experts des différents secteurs ont mis en relief l’importance cruciale de la numérisation. Ceci tant dans le domaine bancaire, économique, santé, éducation et université. Une mise à niveau aux normes internationales qui va de pair avec un débit Internet efficace et efficient.