Ouargla a enregistré 5 cas de paludisme confirmés, importés selon la Direction de la Santé publique (DSP) d’Ouargla qui assure notamment que la situation épidémiologique au niveau local est sous contrôle. Selon une source de la DSP, la situation épidémiologique du paludisme n’est pas préoccupante dans la wilaya de Ouargla par rapport aux autres wilayas du Sud, fortement frappées par la malaria (paludisme ou fièvre des marais).
Selon nos sources, jusqu’au 30 septembre 2020, uniquement 5 cas ont été consignés à Ouargla, 3 Nigériens et deux Algériens, diagnostiqués positifs. Trois d’entre eux ont quitté l’hôpital, tandis que les deux autres sont toujours hospitalisés à l’EPH Mohamed-Boudiaf. Dans un communiqué rendu public mardi 29 septembre 2020, le département de Benbouzid a fait savoir que des cas de paludisme «importés des pays voisins» ont touché plusieurs wilayas du Sud du pays. Selon le ministère de la Santé, les cas de «malaria» sont répartis sur 5 wilayas, à savoir Tamanrasset (918 cas), Adrar (96 cas), Illizi (89 cas), Ghardaïa et Ouargla (5 cas).
Selon un bilan non officiel, les cas ont augmenté, notamment dans la wilaya de Ghardaïa, qui a enregistré 2 cas confirmés et 21 cas suspects à travers les communes de Ghardaïa, El-Atteuf, El-Mansoura et El Menia. A Illizi, le nombre de cas a dépassé les 90 alors qu’à Tamanrasset 50 cas positifs sont enregistrés presque chaque jour. Quatre personnes seraient décédées dans cette ville frontalière, selon une source hospitalière locale. A rappeler que les députés des wilayas du Grand-Sud ont lancé des alertes sur une éventuelle crise sanitaire suite à la propagation alarmante de la malaria dans plusieurs villes. Dans une correspondance, adressée le 24 septembre écoulé, au Premier ministre, les élus ont évoqué les signes d’une nouvelle crise sanitaire, susceptible d’affecter les régions frontalières d’In Guezzam et de Tine Zaouatine dans la wilaya de Tamanrasset et Bordj Badji-Mokhtar et Timiaouine à Adrar.
Le document, dont nous détenons une copie, est une sonnette d’alarme lancée à l’endroit des hautes autorités du pays. En moins d’une semaine, a-t-on précisé, plus de 1 000 cas de malaria ont été consignés.
Quelques jours après, la sonnette d’alarme a été tirée par le Comité de surveillance épidémiologique auprès du ministère de la Santé qui, pour sa part, a confirmé, dans le bilan publié mardi dernier, avoir enregistré 1 110 cas de paludisme, dont 918 à Tamanrasset, 96 à Adrar et 89 à Illizi. Des chiffres qualifiés de record par des spécialistes en maladies infectieuses. Le paludisme, appelé aussi « la fièvre des marais ou la malaria», est une maladie potentiellement mortelle causée par des parasites transmis aux personnes par des piqûres de moustiques femelles Anophèles infectées. Environ 80% des cas sont enregistrés en Afrique subsaharienne, où le paludisme touche majoritairement les enfants.
Chez un sujet non immunisé, les symptômes apparaissent généralement au bout de 10 à 15 jours après la piqûre de moustique infectante. Les premiers symptômes, fièvre, céphalées et frissons, peuvent être modérés et difficiles à attribuer au paludisme. S’il n’est pas traité dans les 24 heures, le paludisme à P. falciparum peut évoluer vers une affection sévère souvent mortelle, expliquent des spécialistes.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le paludisme tue 1,5 à 2,7 millions de personnes par an dans le monde dont 1 million d’enfants. Environ 2,5 milliards de personnes sont exposées à la maladie, notamment dans les zones tropicales où le moustique vecteur, l’anophèle, sévit.
En 2018, on estime à 228 millions le nombre de cas de paludisme dans le monde. Le nombre estimé de décès imputables au paludisme s’est élevé à 405 000 en 2018. Les enfants âgés de moins de cinq ans constituent le groupe le plus vulnérable touché par le paludisme ; en 2018, ils ont représenté 67 % des décès imputables au paludisme dans le monde (soit 272 000), fait savoir l’OMS. <