Les différents dispositifs de création d’emplois, lancés depuis 2012, tendent à devenir une préoccupation majeure pour le gouvernement qui semble s’être résolu à la nécessité de revoir fondamentalement la démarche de ses prédécesseurs.

Après donc les aménagements apportés ces derniers mois au dispositif Ansej, qui vient de changer d’appellation et de tutelle, c’est désormais au tour des contrats de pré-emploi d’être passés au peigne fin par le gouvernement à l’occasion de sa réunion prévue demain. C’est ce qu’a indiqué le Premier ministre, dimanche en fin de journée, lors de sa visite dans la wilaya de Médéa où il a donné le coup d’envoi de la rentrée de la formation professionnelle.
«Le Gouvernement examinera mercredi prochain, lors de sa réunion, une proposition qui sera présentée par le ministre du Travail pour parvenir à des solutions en faveur du dossier des contrats de pré-emploi», a déclaré M. Djerad dans ce qui peut s’apparenter à une remise en cause de la politique de l’emploi en vigueur. Car, en dépit d’une série de résolutions et de dispositifs mis en place par les gouvernements qui se sont succédé depuis 2012, pour tenter de réduire le taux de chômage chez les jeunes diplômés du pays, il n’en demeure pas moins que sur le terrain, le taux de leur insertion dans le monde du travail reste insignifiant.
Un état des lieux qui n’est pas sans susciter des interrogations et auquel il devient urgent de trouver des solutions et cela en raison de la montée au créneau, ces derniers mois, des jeunes diplômés chômeurs, suivi régulièrement par les bénéficiaires de contrats pré-emploi. Ces derniers, jugeant que leur situation n’a que trop duré, ne cessent d’interpeller les autorités publiques pour être fixés sur leur sort au moment où des experts de la question de l’emploi soutiennent qu’il serait erroné d’avancer que notre économie est en mesure de créer des emplois suffisant pour réduire le taux de chômage actuel chez les jeunes diplômés tous secteurs confondus.
Dans un rapport de l’ONS, il a été souligné une autre cause du taux de chômage, qui évoque une adéquation du système éducatif et les besoins du marché de travail, ce qui a généré une hausse du nombre de chômeurs des jeunes diplômés. Il a été relevé, à ce propos, la sur-représentation des inscrits en sciences sociales et humaines (près de 65%) qui ne répond pas aux besoins actuels de l’économie. Autrement dit, il va falloir former des profils qui répondent à l’offre d’emploi des jeunes du pays si l’on veut que le taux de chômage baisse. Quant aux profils de diplômés qui ne correspondent pas, il reste à leur détenteur l’alternative de créer leur propre entreprise, ce qui est loin d’être une sinécure. Une centaine de jeunes employés dans le cadre du dispositif du pré-emploi se sont rassemblés, hier, devant le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, pour demander leur intégration dans des postes permanents.
Il faut souligner que les actions de protestation de jeunes du préemploi sont récurrentes devant le ministère du Travail pour réclamer leur «intégration immédiate» et exprimer leur «ras-le-bol» par rapport à leurs conditions de travail qu’ils qualifient d’«indignes». Au printemps dernier et à la veille de la célébration de la Journée internationale des travailleurs, coïncidant avec le 1er mai de chaque année, le président Tebboune a indiqué avoir instruit le gouvernement à l’effet de régulariser la situation les titulaires de contrats pré-emploi. «L’Etat œuvrera fermement à rendre au travail sa valeur véritable et à renforcer la place des travailleurs notamment les classes moyenne et précaire, en relevant leur pouvoir d’achat en leur garantissant à eux et à leurs enfants les conditions d’une vie digne. Cela émane de notre conviction que le travailleur constitue le moteur de développement national», a-t-il indiqué. «J’ai instruit le gouvernement de régulariser les contrats de pré-emploi et d’étudier les meilleurs moyens pour préserver les postes d’emploi affectés par la pandémie de coronavirus», a ajouté le chef de l’Etat à cette occasion.