« Walid Nekkiche a été torturé, il a été violé », s’est indigné, durant le procès, Maître Mohand-Tayeb Belarif, qui souligne que les conventions internationales indiquent clairement que « les aveux faits sous l’effet de la torture ou de traitements dégradants sont nuls et non avenus ».
L’affaire Walid Nekkiche s’est terminée par sa libération. Après plusieurs mois passés en prison, l’étudiant s’est vu déchargé des graves accusations qui pesaient sur lui, dont celle « d’atteinte à l’unité nationale ». Son dossier laisse, cependant, des traces douloureuses, voire traumatisantes, qui, selon ses avocats, devraient faire réagir la justice.
En effet, M. Nekkiche a déclaré au juge avoir été victime d’agression physique et subi des sévices sexuels pendant sa garde à vue. De quoi inciter à l’ouverture d’une enquête, selon l’un de ses avocats, Maître Nacira Hadouche. « Le Juge doit appliquer les conventions internationales qui ont été signées et validées par l’Algérie, à savoir l’abolition de la torture », a-t-elle plaidé. « Le juge d’instruction n’a pas suivi la procédure après que Walid Nekkiche s’est plaint d’actes de torture et de sévices auprès de lui », a-t-elle plaidé. Là, aussi, de quoi faire rebondir son affaire.
L’avocat et militant des droits de l’Homme algérien résidant au Canada, Sofiane Chouiter, a, d’ailleurs, indiqué avoir saisi « sur la base des accusations de Walid Nekkiche » les instances onusiennes spécialisées. « J’ai saisi les rapporteurs spéciaux de l’ONU sur la torture et la liberté d’expression et d’opinion pour une intervention urgente sur le cas de Walid Nekkiche », a affirmé cet avocat sur Facebook, un réseau où les déclarations d’indignation n’ont pas cessé.
A sa sortie de la prison d’El Harrach, hier matin, Walid Nekkich a lui-même déclaré qu’il ne renonce pas à ses droits : « Ulac smah », a-t-il lancé à son accueil par la petite foule qui l’attendait pour le soutenir.
M. Nekkiche a dit avoir espéré être innocenté totalement par le Tribunal de Dar El Beïda et affirmé qu’il ne renoncera pas à ses droits et fera condamner les dépassements et
les sévices qu’il a subis. Affaire à suivre.<