Dans la foulée des décisions prises lundi dernier par le Haut-conseil de sécurité, le médiateur
de la République a appelé, lui aussi, hier, les Algériens à respecter « strictement » les mesures
de confinement. Karim Younès, dans une déclaration écrite à la presse, estime que cette mesure est la condition « sine qua non » pour limiter au mieux les risques de contamination.

Les habitants de Blida et sa région en situation de confinement, et certains ne se sont pas sentis obligés de respecter cette décision. Selon des témoignages recueillis sur place, de nombreuses personnes, « poussées par la curiosité de ce qui se passe dehors », n’ont pas pris au sérieux les appels à limiter leurs mouvements. Beaucoup d’entre elles étaient dehors, hier, alors qu’elles n’étaient « pas en situation d’achat de produits alimentaires, de médicaments ou autres », nous signalera un confrère qui a estimé toutefois qu’« au premier jour du confinement, il y a lieu d’être indulgent » en attendant que « le sentiment de précaution se généralise ».
Selon d’autres témoignages, le phénomène des « curieux malgré tout, cigarette et gobelet de café à la main», selon l’expression de notre confrère, n’est « pas observée partout dans Blida, où des quartiers entiers se sont mis en quarantaine ou presque ». « Beaucoup d’endroits dans Blida, au centre-ville notamment, ont été désertés par les habitants et le seul spectacle visible est celui des points de contrôle de la gendarmerie et de la police ». Notamment aux accès de la cité, des automobilistes « ignorants » ou « faisant exprès » de ne pas être au courant des restrictions décidées pour faire face à la menace du coronavirus sont repoussés.
Ce contraste était visible hier en ce qui concerne la distribution des produits de large consommation. Dans certains quartiers, tout était à portée des consommateurs et clients » dans les épiceries et les superettes, mais la règle de distanciation d’un mètre minimum d’une personne à l’autre n’est pas respectée, nous a signalé notre correspondant.
Dans d’autres quartiers, les commerçants sont restés fermés obligeant les habitants d’aller chercher ailleurs ce dont ils avaient besoin.
La démobilisation du personnel dans des bureaux de poste a contraint leurs responsables à fermer le service, « alors que beaucoup de gens sont dans le besoin de retirer leur argent ». Et de citer le témoignage d’un habitant qui affirme que « ce confinement doit être accompagné dans les prochains jours par des dispositions plus sérieuses pour une réelle prise en charge des gens des quartiers où ni commerçant ni fonctionnaire ne respectent le service minimum », alors que le Haut-conseil de sécurité a exhorté les marchands, les services indispensables et les pharmacies de poursuivre leurs activités normalement. Il est question aussi, est-il souligné dans ce témoignage, de sensibiliser « y compris le corps de police dont certains agents ont contraint des épiciers et boutiquiers à fermer leurs magasins ».

Clinique Benkhedda, pénurie de masques
Quid des centres de santé particulièrement sollicités ? A la clinique Benyoucef-Benkhadda de Ouled Yaïch, à la périphérie de Blida, « tout se passe dans de bonnes conditions », nous a affirmé un paramédical qui regrette cependant que le nombre de masques médicaux « ne soit pas en quantité suffisante ». « Nous faisons une liste de 80 masques, nous n’en recevons par exemple que 20. C’est la même chose pour les désinfectants », a affirmé hier cet infirmier. Il indique que l’établissement où il travaille reçoit « trente à quarante personnes quotidiennement, mais nous ne faisons pas de tests de dépistage qui sont effectués à l’hôpital Frantz-Fanon ». « Les associations et les bénévoles sont présents chez nous et nous font des dons», ajoute-t-il, avant de saluer « enfin, le confinement ». « Jusqu’à jeudi dernier, il y avait encore des cortèges nuptiaux dans certains endroits à Blida », a-t-il déploré.
Pour ce qui concerne les jours à venir, il est à noter qu’en matière d’approvisionnement en produits nécessaires, la Chambre de commerce et d’industrie de Blida a appelé à des dons de produits pharmaceutiques et alimentaires. Cet appel, selon le président de la Chambre, Riad Amour, est lancé avec l’association caritative Kafil El Yatime et le Croissant-Rouge algérien (C-RA). n