Le vote quasi unanime de l’Assemblée générale des Nations unies, pour refuser l’action des Etats-Unis de considérer la ville d’El Qods comme capitale d’Israël, constitue une véritable victoire pour la cause palestinienne.

Même si les résolutions de cette instance importante de l’Organisation onusienne ne sont pas contraignantes, l’impact international n’en demeure pas d’une grande force. Le forcing sur le plan diplomatique des Palestiniens semble commencer à porter ses fruits. Depuis l’accession de la Palestine comme membre observateur de l’ONU, la cause devient plus visible et à l’effet plus palpable. La lutte pour l’indépendance et l’accession légitime à un Etat continue néanmoins dans un monde, où les rapports de force ne sont pas toujours en faveur des Palestiniens. Pour une fois, les soutiens traditionnels des Etats-Unis et d’Israël, comme la France et la Grande-Bretagne, ont voté contre l’action de Trump. Une situation inédite dans cette instance qui nous a habitués à une posture minimale et que même en situation de guerre, appelait souvent « au calme entre les deux parties ». Entre le bourreau et sa victime. L’Etat hébreu, qui occupe toujours les terres des Palestiniens, aura déchanté face à ce message clair de la vraie communauté internationale et non celle restreinte du Conseil de sécurité. Le monde refuse cette situation du fait accompli, voulu par les Israéliens dans des territoires qu’ils occupent illégalement. Il est remarquable que malgré des menaces directes, proférées par la représentante des Etats-Unis, la majorité des Etats membres sont restés impassibles. L’attitude surréaliste de la représentante de Washington, qui est allée jusqu’à menacer de « noter des noms », croyant notamment terroriser des Etats fragiles économiquement et ne pouvant se passer de l’aide extérieure, aura laissé songeur sur cette organisation et son avenir. En effet, il est paradoxal que la volonté de plus de 130 Etats ne soit pas contraignante et ne débouche pas sur des sanctions. L’on a mené des guerres destructrices au nom de l’ONU et de la fameuse communauté internationale pour des situations loin de faire l’unanimité comme sur cette question d’El Qods.

 

A Ramallah, à Ghaza, l’armée d’occupation poursuit ses tueries
Dans les territoires occupés, la situation demeure tendue et les Palestiniens continuent à lutter pour leur existence avec des sacrifices au quotidien. A Ramallah, à Ghaza, l’armée d’occupation poursuit ses tueries et ses exactions contre un peuple qui ne demande que ses droits, lesquels droits sont reconnus par le droit international comme vient de le confirmer le vote à l’ONU. Après ce vote unanime, véritable gifle à l’Amérique de Donald Trump, les Etats-Unis se sont définitivement exclus de tout rôle de parrain dans un éventuel processus de paix futur sur la question. Déjà que Washington n’a jamais été (même durant les fameux accords d’Oslo) un acteur neutre sur cette question du Proche-Orient. La partialité des Américains envers leur protégé israélien n’a jamais été quelque chose de cachée mais bien assumée par les administrations américaines successives. Sauf que la diplomatie américaine n’est jamais allée aussi loin dans son favoritisme. Sur le terrain, l’histoire l’aura mainte fois démontré, seule la résistance peut faire accéder les Palestiniens à leurs droits. C’est-à-dire un Etat viable et non pas des bantoustans comme c’est souvent proposé dans les négociations. Le défunt leader palestinien Yasser Arafat aura montré la voie. En 2003, pour avoir refusé de signer un accord bancal qui déposséderait son peuple de ses droits, Arafat sera isolé dans sa Mouqataa à Ramallah jusqu’à tomber malade et être transféré en France. Mais le combattant palestinien n’abdiquera jamais, répétant sa fameuse phrase restée pour la postérité : « Ils veulent faire de moi un prisonnier ou ils veulent me tuer. Mais je leur réponds, je serai martyr, martyr ! ». « Je suis un soldat palestinien… J’utiliserai mon arme pour me défendre, non seulement moi-même, mais aussi chaque Palestinien, enfant, femme ou homme, et pour défendre le droit à l’existence des Palestiniens », dira celui qui restera le symbole de la lutte pour l’existence de tout un peuple.