Comme attendu, les Etats-Unis ont brandi leur veto à une résolution de l’ONU contre la reconnaissance d’Al Qods comme capitale d’Israël, en se montrant même menaçants à l’égard de leurs 14 partenaires au Conseil de sécurité qui ont voté pour le texte.

Avec ce veto, Washington défie clairement la communauté internationale. Ce vote unanime, y compris de la Russie ou de la Chine, ainsi que de la France et du Royaume-Uni les deux plus proches alliés européens des Etats-Unis, a été dénoncé par la représentante américaine à l’ONU, Nikki Haley passée maîtresse dans l’art de la fanfaronnade. « C’est une insulte et un camouflet que nous n’oublierons pas », a-t-elle lancé. Les Etats-Unis qui se retrouvent isolés comme jamais à l’Onu pourraient recourir à la prise de mesures de représailles ou au minimum aller à une diminution de leur participation au financement de l’ONU. Présenté par l’Egypte, qui a dénoncé les « graves répercussions » de la décision américaine, le texte réclamait que la déclaration récente du président Donald Trump soit révoquée. La reconnaissance illégale a provoqué une réprobation unanime de la communauté internationale. Le statut de la ville sainte « doit être résolu par la négociation », soulignait le texte, évoquant de « profonds regrets concernant les récentes décisions ». « Toute décision ou action visant à altérer le caractère, le statut ou la composition démographique » d’Al Qods « n’a pas de force légale, est nulle et non avenue et doit être révoquée », ajoutait-il. Le veto américain a été évidemment salué par Israël. « Vous avez allumé une bougie de vérité », « dissipé les ténèbres », a réagi cyniquement sur Twitter le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Les Etats-Unis décrédibilisés
Avec ce processus, même sanctionné au final par un veto, il s’agissait aussi de faire pression sur l’administration américaine et ses futures discussions avec les deux parties afin que les droits des Palestiniens soient davantage pris en compte. Il fallait enfin souligner que les Etats-Unis bafouaient une série de résolutions sur le conflit au Proche-Orient. Le 8 décembre, deux jours après l’annonce américaine, le Conseil de sécurité avait déjà montré l’isolement des Etats-Unis lors d’une réunion convoquée en urgence. Après le Conseil de sécurité, les Palestiniens ont annoncé un prochain scrutin à l’Assemblée générale de l’ONU (193 pays).
Il n’y a malheureusement pas dans cette enceinte de droit de veto et ses textes ne sont pas contraignants. Le texte affirmait que « toutes les mesures et actions législatives et administratives prises par Israël, puissance occupante, qui visent à modifier le caractère et le statut de la ville sainte n’ont aucune validité juridique ». Il faudrait être « fou » pour laisser les Etats-Unis jouer à nouveau les médiateurs de paix, a fait remarquer le président palestinien Mahmoud Abbas, pour qui les Etats-Unis sont décrédibilisés dans leur rôle de parrain. Comme la Turquie, les Palestiniens ont jugé inacceptable le veto américain et affirmé que les Etats-Unis violaient le droit international. « Sans accord sur Jérusalem, il n’y aura pas d’accord de paix », a déclaré l’ambassadeur français, François Delattre, rappelant le « consensus international » sur « une solution à deux Etats ». L’Iran a condamné le veto des États-Unis. « Le gouvernement américain a prouvé par ce veto qu’il cherche à obtenir un compromis en piétinant les droits des Palestiniens », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi. La décision américaine est « une violation flagrante des résolutions internationales » a ajouté Ghassemi, exhortant « la communauté internationale à empêcher sa mise en œuvre afin de protéger la paix et la sécurité mondiale ».
La Chine a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU et la communauté internationale à rester unis sur la question d’Al-Qods. « Nous soutenons la cause juste de protéger les droits nationaux légitimes du peuple palestinien, nous soutenons la création d’un Etat palestinien pleinement souverain et indépendant dans les frontières de 1967 et avec Al Qods-Est comme capitale. C’est une position que la Chine ne changera jamais », a-t-il souligné.