La Web-radio « voix des femmes » organise aujourd’hui un rassemblement à la Grande-Poste d’Alger pour dénoncer « la violence exercée à l’encontre des femmes sur les réseaux sociaux». Pour les organisatrices de cet événement, «les réseaux sociaux deviennent un moyen d’exercer de la violence sur les femmes en toute impunité ». 

Pour les militantes des associations qui prendront part à ce rassemblement, « l’incompréhension de la vraie utilité de ces outils de communication chez certains hommes crée des malaises dans la société, la femme devient cible de harcèlement et de pression. Beaucoup de femmes cèdent à des chantages suite à des relations virtuelles avec des personnes malhonnêtes ». En effet, cet appel intervient après le suicide, à l’ouest du pays, d’une jeune femme qui s’est retrouvée sans le vouloir héroïne d’une vidéo macabre.
Dans cette vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux, la jeune femme d’une vingtaine d’années est présentée par un homme comme sa copine avant de la violenter ». Pour Rima Benhmend, membre de l’association Tharwa n’Fadhma N’Soumer, la banalisation des violences envers les femmes semble ne plus avoir de limite. «La violence envers les femmes ne semble plus avoir de limite dans notre pays, il ne se passe pas un mois sans qu’une femme ne meurt tragiquement », dénonce-t-elle. Mlle Benhmed affirme que l’urgence « est de pénaliser les crimes sexistes, la discrimination de genre et de renforcer la loi contre les violences faites aux femmes » mais également « à prendre des positions fortes pour rendre justice aux victimes de viols, violences conjugales, prostitution, harcèlement sexuel, mariages forcés et crimes dits «d’honneur ».
Pour la militante, « ces violences, loin d’être des faits isolés, sont le produit d’un système patriarcal instituant un rapport inégalitaire entre les femmes et les hommes. Mais il faudra également s’atteler à l’abrogation du Code de la famille sur lequel repose le fondement juridique de l’infantilisation des femmes. Il faut empêcher que ces féminicides soient reconnus comme des circonstances aggravantes de meurtre par notre société », conclut-elle.