Le retour de l’ex-chef de la diplomatie algérienne Ramtane Lamamra aux affaires après sa nomination, mercredi, comme annoncé dans nos colonnes en tant que ministre conseiller auprès de la Présidence de la République pour les questions internationales, n’est pas passé tout sauf inaperçu. Il a même fait réagir la presse marocaine qui voit dans sa nomination un acte d’hostilité au royaume.

Le « rappel » du diplomate a suscité un certain nombre de questionnements au sein de l’opinion. Cette nouvelle nomination de Lamamra dans une conjoncture très particulière, la veille de l’élection présidentielle, n’a pas laissé indifférent. Entre ceux qui se désolent qu’il eut été « récupéré » pour servir la campagne de l’un des candidats à la présidentielle du 18 avril et les autres qui voient un retour prometteur d’une des rares personnalités politiques en activité qui bénéficient d’une réelle popularité, les commentaires vont bon train. Annoncé un moment comme ayant rejoint le staff de campagne de Abdelaziz Bouteflika, il sera vite précisé par l’agence officielle de presse que Lamamra a été désigné comme ministre conseiller à la Présidence de la République. Lamamra aura probablement « un rôle spécifique » à jouer dans la campagne du président de la République, comme annoncé par certains médias, sans être nécessairement dans le staff. Comme conseiller du président pour les affaires internationales, il apportera à n’en pas douter un plus dans une conjoncture internationale qui requiert un certain doigté. Une crédibilité qui pourrait servir la voix de l’Algérie. Ramtane Lamamra reste, en effet, une figure appréciée des Algériens. Connu pour sa compétence dans son domaine, l’ancien ministre des Affaires étrangères n’avait pas laissé indifférent lors de son passage à la tête de la diplomatie algérienne, il y a moins de deux ans. Bon communicateur, multilingue, et maîtrisant parfaitement l’art de la diplomatie, il aura réussi à briller par sa maîtrise des dossiers. Il se caractérisera notamment par une gestion habile des relations compliquées avec le voisin marocain chez qui la presse locale s’est déchainée en considérant son retour aux affaires comme un nouveau signe d’hostilité d’Alger vis-à-vis de Rabat. En mai 2017, l’ancien chef de la diplomatie avait quitté le gouvernement. Sans véritablement rompre avec le travail diplomatique. Ce départ avait d’ailleurs été suivi par moult spéculations sur sa relation jugée alors compliquée avec le pouvoir. On le disait à l’étroit dans un ministère à deux têtes, à l’époque. Il avait repris du service aux Nations unies où il s’est occupé, avec dix-sept autres personnalités, de médiation internationale auprès du Secrétaire général Antonio Guterres. Il a fait partie des experts du think tank l’International Crisis Group, où il aura fait bénéficier cet organisme de sa connaissance de la géopolitique africaine et de son expérience auprès de l’UA.
A l’échelle africaine, il s’est distingué récemment par sa mission à Madagascar comme Haut représentant de l’Union africaine pour la présidentielle, dans ce pays où il œuvrera à la bonne tenue du scrutin présidentiel. Les spéculations et autres lectures commentant ce retour impromptu continuent. Jusqu’à faire dire que le grand jeu de l’après-présidentielle a bel et bien commencé.<