Souffrant d’un manque à gagner important suite à la suspension des formations depuis le 12 mars dernier à cause de la propagation du nouveau coronavirus, les établissements de formation agréés vont devoir subir encore les effets de cette situation d’urgence sanitaire, les autorités ayant décidé de différer les rentrées des universités et de la formation professionnelle.

Ils sont, en effet, plus de 700 établissements répartis sur tout le territoire national à être dans cette situation qui préoccupe au plus haut point les gérants qui font travailler plus de 20 000 personnes directement (administration et enseignants) et autant indirectement (formateurs et consultants).
Les responsables de ces établissements de formation font part d’un véritable choc qui menace la survie de ce segment de la formation professionnelle dont ont grandement besoin les entreprises aussi bien celles du secteur public que celles du privé. «Nous avons perdu 70 à 90 % de nos chiffres d’affaires», se plaignent-ils alors que la suspension des cours est annonciatrice d’autres pertes au moment où les gérants de ces établissements se préparaient à une rentrée synonyme de bouffée d’oxygène.
«Certains établissements ont déjà fermé leurs portes définitivement. D’autres sont à l’agonie et menacent de mettre la clé sous le paillasson», confesse Nadhir Laggoune, membre de l’Association nationale des établissements de formation agréés (Anefa) (lire entretien ci-dessous).
Au niveau de l’Anefa, l’on s’interroge sur les raisons qui font que les conditions de scolarité dans ces établissements sont considérées comme celles des universités alors que «le volume de la présence estudiantine» dans les salles est différent, estime-t-on.
Pour l’Anefa, les établissements de formation agréés accueillent un nombre limité d’apprenants dans des espaces très larges qui permettent le respect des règles d’hygiène édictées par les autorités sanitaires dans ce contexte pandémique.
«Comment expliquer que, bien que nous ayons fait depuis le mois de mars de nombreuses propositions de reprise contrôlée des activités, de respect des mesures sanitaires, nous soyons toujours assimilés à l’enseignement de masse sachant que les effectifs des établissements privés sont très réduits, que ce soit en présentiel ou par formation conventionnée ?», avait fait déjà soutenu l’Anefa fin août dans un appel de détresse. D’où le plaidoyer lancé à nouveau par des membres de cette association pour une reprise des activités afin de pouvoir supporter les pertes déjà engendrées par la suspension des cours au printemps dernier et auxquelles «il faudrait ajouter les dépenses de fonctionnement, des loyers, des impôts et des charges fiscales».
Discrimination ou erreur d’appréciation ?
Par ailleurs, on se plaint au niveau de l’Anefa, de ce qui est considéré comme de la «discrimination» de la part des pouvoirs publics dans la mesure où d’autres établissements et institutions assurant la même activité mais affiliés à d’autres départements ministériels ont été épargnés par les mesures de restriction. Dimanche dernier, les services du Premier ministère ont annoncé que la rentrée universitaire et de la formation professionnelle est reportée au 15 décembre prochain, une mesure qui s’inscrit dans le cadre du dispositif adopté par les pouvoirs publics dans la gestion de la crise sanitaire.
Au niveau de l’Anefa, on explique que les gérants attendent un signal d’une aide financière de la part des pouvoirs publics afin d’éloigner le spectre de « la fermeture», une perspective qui se profile pour de nombreux établissements, selon certains directeurs d’école.
Ces derniers réclament, d’autre part, de la tutelle d’étudier la possibilité d’une reprise des cours à distance en recourant aux nouvelles technologies, faut d’une reprise en présentiel qui reste «à portée de main» pourvu que la question soit traitée de manière rationnelle, soutient-on à l’ANEFA. n