PAR NAZIM BRAHIMI
Comme il fallait s’y attendre, les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN) ont adopté, hier, le Projet de loi de finances 2023 (PLF 2023), lors d’une séance plénière présidée par Brahim Boughali, président de l’Assemblée, en présence du ministre des Finances Brahim Djamel Kassali et de plusieurs ministres.
L’adoption de ce texte a été marquée par l’approbation de quelques modifications demandées par des membres de la chambre basse du Parlement sur la base de la copie défendue par le ministre des Finances qui a indiqué, dimanche, en séance plénière miser sur une nouvelle dynamique pour l’économie nationale et la consolidation de la politique sociale de l’Etat.
L’une des modifications rejetées est celle qui autorise les Algériens établis à l’étranger d’importer des véhicules de moins de trois ans. Des députés ont considéré à ce sujet que l’émigré doit «rapatrier» le véhicule importé à la fin de son séjour en Algérie. En revanche, l’amendement portant sur une baisse des droits et taxes à raison de 80 % pour les véhicules électriques a été accepté.
Loin des questions autour du secteur de l’automobile, le texte a eu l’approbation des députés à l’exception des élus du MSP qui ont voté non pour plusieurs «raisons», a expliqué le groupe parlementaire du parti de Makri dans un communiqué.
Le MSP a d’emblée reproché à la Commission des finances et du budget de l’APN d’avoir rejeté tous les amendements proposés par ses députés «sur la base de justifications peu convaincantes».
La formation islamiste a considéré que le texte «contient un ensemble de violations réglementaires dans la forme et le fond à sa présentation», évoquant «un manque de transparence concernant le budget alloué aux établissements sous tutelle, estimé à plus de 200 000 milliards de centimes» et «l’adoption d’un budget global avec un déficit équivalent à 5 885 milliards DA, sans en déterminer avec précision les sources de son financement».
Le MSP a reproché aussi au gouvernement «l’absence d’indicateurs d’évaluation de l’efficacité» du PLF. «Ce qui rend impossible la mission de contrôle parlementaire», pointant également «une contradiction» entre les priorités contenues dans le texte, le Plan d’action du gouvernement et la réalité que vivent les citoyens.
Le parti de Makri a évoqué, dans le sillage de ses critiques contre le gouvernement, «l’instabilité de la vision économique» du pays, affichant son désaccord avec le changement des priorités après le rebond enregistré des prix du pétrole, et regrette que «le développement soit reporté» lorsqu’il a remarqué que le budget de fonctionnement est nettement «gonflé» comparativement à celui d’équipement.
Rappelons que le ministre des Finances avait indiqué que le Fonds de régulation des recettes (FRR) sera sollicité pour financer le déficit budgétaire au titre de l’exercice 2023, relevant que les ressources du FRR disponibles à la fin de l’année 2022 sont évaluées à 2 300 milliards DA.
C’est la raison pour laquelle il a écarté le recours au financement extérieur pour financer le déficit budgétaire, préférant le financement intérieur à travers le recours au marché financier outre la mobilisation de ressources financières importantes par l’adoption de mesures contenues dans le programme du gouvernement à même d’alléger la pression sur le budget de l’Etat par le développement des outils de financement bancaire. <