La filiale du pétro-gazier américain Anadarko, présente dans le pays depuis quelques années, a décidé de quitter la Tunisie. Et, c’est la ministre tunisienne de l’Energie et des Mines, Héla Cheikhrouhou, qui en a fait l’annonce, rapporte le site d’informations African Manager.

La ministre tunisienne a souligné que Anadarko a mis fin à ses activités de production d’hydrocarbures en Tunisie et, tout en précisant les raisons de son départ.
Héla Cheikhoune a ainsi détaillé que la décision prise par le groupe américain fait suite au rejet de sa demande d’autorisation pour explorer du gaz de schiste adressée il y a peu aux autorités compétentes dans le pays. La demande d’Anadarko a été rejetée, poursuit-elle, car le code pétrolier en vigueur en Tunisie ne contient aucune disposition permettant d’encadrer correctement l’exploration du gaz de schiste. Mais tout n’est pas perdu avec le partenaire américain, puisque l’entreprise basée au Texas n’a pas occulté la possibilité de revenir investir dans le pays. Mme Cheikhrouhou a indiqué qu’il lui faudra attendre le nouveau code des hydrocarbures et qu’il ne s’agit que d’un au revoir.
Anadarko partageait de façon équitable avec la société d’Etat tunisienne du pétrole (ETAP) le contrôle d’une concession pétrolière dans le sud du pays. Le géant américain fait partie en fait d’un groupe de sociétés étrangères qui ont décidé de tourner le dos à la Tunisie, en raison, entre autres, de contestations sociales. Anadarko a emboîté le pas à Petrofac qui a quitté la Tunisie en décembre dernier. D’ailleurs, la ministre tunisienne de l’Energie a confirmé l’arrêt des activités de Petrofac à Kerkennah.
Mais là aussi, il ne s’agit pas d’un départ sans au revoir, puisque le P-DG de Petrofac devrait bientôt se rendre en Tunisie pour discuter avec le gouvernement d’une éventuelle reprise de sa production de gaz. A l’affaire Petrofac s’ajoute celle de la société canadienne Winstar, qui active dans la production pétrolière dans la région de Choucha dans le gouvernorat de Tataouine.
Winstar avait subitement arrêté ses activités et renvoyé ses ouvriers, sans aucun préavis. Ces défections interviennent, alors que le pays fait face à d’énormes difficultés dans le secteur pétrolier dont la production est passée de 80 000 barils par jour en 2010 à 40 000 barils par jour en 2016. Elle a en fait diminué jusqu’à 46 200 barils, contre 53 500 barils en 2015, soit une baisse de 12%. Le déclin de la production contraint le pays à importer davantage de gaz notamment d’Algérie. Les autres secteurs ne sont pas à l’abri des soucis, financiers notamment, non plus. En résumé, le pays traverse une mauvaise passe.