Le 60e anniversaire de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), lundi 14 septembre, a été l’occasion pour le ministre algérien de l’Energie de la défendre comme un acteur «influent» sur la scène multilatérale.

Dans un entretien avec l’agence Argus Media, Abdelmadjid Attar a soutenu que l’organisation est aujourd’hui «respectée, crédible et influente». «La voix de l’Opep, a-t-il souligné, est écoutée» et la crise sanitaire mondiale a «démontré sa capacité à agir en partenariat avec d’autres exportateurs de pétrole» pour ramener la «stabilité indispensable» au marché pétrolier.
M. Attar évoquait sans doute les efforts consentis par l’Opep+ afin d’éviter un effondrement de l’équilibre entre l’offre et la demande, un processus auquel la diplomatie énergétique algérienne n’est pas étrangère. D’abord, parce que l’Algérie est présidente de l’Opep jusqu’à la fin de l’année en cours, ensuite, notre pays est parmi les initiateurs du dialogue en cours depuis septembre 2016 pour éviter un crash du marché.
De manière doctrinale, l’Algérie, même dans les moments les plus critiques de l’Organisation et des contradictions internes et de leadership qui ne cessent d’ailleurs pas de la «travailler», n’a jamais douté de l’utilité de l’Opep et de sa capacité à réguler un marché pourtant de plus en plus imprévisible. Dans un entretien à Reporters, l’expert Mustapha Mekidèche relève à ce sujet la «résilience» de l’Opep face à des difficultés que signalent les différents rapports publiés depuis soixante-douze heures sur l’état du secteur pétrolier : impact négatif de la pandémie et baisse de la demande, incertitude des investisseurs et transitions des grands acteurs du champ – comme BP – vers les ressources du solaire et de l’éolien… Selon Abdelmadjid Attar, l’Opep a été couronnée de succès pour trois raisons principales que sont «l’égalité souveraine de ses membres, la fidélité à sa mission et sa capacité à s’adapter aux nouvelles réalités». A la question de savoir si des «frictions» existaient entre les grands et les petits producteurs de l’Opep, le ministre algérien de l’Energie se montre diplomate. Il a assuré qu’il s’agit d’une «organisation d’égalité». «Je pense que ce principe même de l’égalité souveraine est le principal moteur du succès et des grandes réalisations de l’Opep en soixante ans d’existence», a-t-il ajouté.
A propos de l’accord Opep+, M. Attar se montre beau joueur par rapport à des pays comme l’Irak et le Kazakhstan qui ne sont pas encore en situation de discipline en raison de difficultés internes. Il estime que la conformité de ses membres à l’accord de réduction de production est «relativement élevée», avec un taux de 97% en juillet. Il a, cependant, rappelé la nécessité d’atteindre une conformité à 100% de la part de tous les pays participants. Pour rappel, en avril dernier, l’Opep+ est parvenue à une baisse massive de la production de ses pays membres s’étalant sur deux ans, ce qui a participé à une amélioration relative des prix. Au mois d’août, ces pays ont entamé la troisième phase de la réduction, portant sur une baisse de 7,7 millions de barils/jour (mbj) après avoir appliqué une coupe de de 9,6 mbj en juillet et de 9,7 mbj en mai et juin.
Les analystes affirment que l’Opep a plus que dépassé ses objectifs de baisse de la production, même en tenant compte des retardataires. Le ministre a souhaité que davantage de pays se joindront à l’Organisation en indiquant que des entretiens étaient en cours avec le Brésil pour une éventuelle adhésion de ce gros producteur et consommateur de pétrole.
En attendant la réunion de demain, jeudi, M. Attar a fait état d’une «amélioration» et d’un «rééquilibrage en cours» du marché pétrolier. «Des signes de reprise économique sont visibles dans la plupart des pays et des régions, aidés par une maîtrise réussie de la pandémie et un soutien gouvernemental important pour atténuer les effets néfastes sur les emplois et les entreprises», a-t-il relevé.