Les drames se succèdent dans les cités universitaires. Quelques jours seulement après le décès d’une étudiante dans un incendie dans la cité universitaire Ouled Fayet 2 d’Alger, un autre drame est survenu dans la soirée de dimanche à Oran, où l’étudiant Raouane Imad Eddine a été écrasé par une voiture sur la route nationale n° 11, non loin de la cité universitaire Rezoug Belkhir, où il réside.
La victime, qui était étudiant en master 1 à l’Université des Sciences et Technologies d’Oran (USTO), Mohamed Boudiaf, était sur le chemin du retour à la cité vers 20H30 avant qu’il ne soit renversé par une voiture alors qu’il tentait de fuir une agression d’une bande qui rodait dans les alentours.
Des étudiants résidant à la cité universitaire Rezoug Belkhir ont vite protesté durant la même soirée pour faire valoir leur droit à la sécurité et décriant les conditions de sécurité aussi bien à l’intérieur qu’autour des sites où pullulent toute sorte de violence.
Mais, selon des organisations estudiantines, il n’y a pas que la résidence d’Oran qui souffre de ce fléau. Plusieurs étudiants se plaignent de l’insécurité qui règne à proximité des cités universitaires, et parfois même à l’intérieur.
Ils se plaignent notamment des résidences universitaires implantées dans des lieux dépourvus de sécurité, ou dans les périphéries, où les résidents deviennent une proie aux délinquants dès la tombée de la nuit.
«Ce n’est pas la première fois que des étudiants font l’objet d’agressions et de vols par des étrangers à proximité de la cité universitaire», dit Mohamed Rahmani, membre du bureau national de l’Union nationale des étudiants algériens (UNEA).
Selon lui, les agressions perpétrées par des bandes de malfaiteurs à l’extérieur et à proximité des cités universitaires sont devenues «monnaies courantes», poursuit-il.
Pis, M. Rahmani fait savoir que des «intrus» s’introduisent aisément à l’intérieur des cités et commettent des agressions et des vols.
«Le fait qu’ils ne soient pas répertoriés dans le fichier des étudiants résidents, des intrus s’aventurent et s’introduisent dans les cités pour des cambriolages et agressions parce que convaincus que les autorités compétentes auront des difficultés à les identifier et les poursuivre en justice», indique M. Rahmani.
L’Union générale des étudiants libres (UGEL) exige, pour sa part, de sécuriser le pourtour des cités universitaires.
«Faute d’une sécurité adéquate, il est judicieux de conclure des conventions avec des entreprises privées de gardiennage et de sécurité pour sécuriser les universités et cités construites en périphérie, où les agressions sont signalées à longueur d’année», déplore Abdelkrim Benmalek, responsable de la pédagogie au sein de l’Ugel.
Ce dernier appelle à la réforme des œuvres universitaires, en reprochant au ministère de l’Enseignement supérieur de tergiverser alors qu’il y a «danger en la demeure».
Il rappelle qu’une commission de réflexion sur la réforme des œuvres universitaires a été installée janvier dernier par le ministre de l’Enseignement supérieur pour se pencher sur les moyens à mettre en place en vue d’améliorer la qualité des prestations assurées aux étudiants, mais «sans arrêter toutefois, une date pour aller à une conférence nationale sur les prestations universitaires», regrette-t-il.
Pour lui, la solution est d’aller vers «des subventions directes à destination de l’étudiants pour faire face aux détournements et pour une meilleure prise en charge des étudiants».