La vaccination de masse lancée dans quelques wilayas du pays, à savoir Alger, Oran et Blida, semble avoir bien démarré au vu de l’afflux des citoyens. La mise en place de chapiteaux dédiés à la vaccination pour pouvoir prendre en charge un plus grand nombre de personnes voulant recevoir l’anticoronavirus s’avère être la solution idoine pour rattraper le retard pris dans l’opération de la campagne vaccinale, et ce, après la réception de plus de 1,9 million de doses de vaccin depuis le 19 mai dernier, et dont la dernière cargaison, constituée de 400.000 doses du vaccin chinois Sinovac, a été réceptionné au début de la semaine en cours.

PAR INES DALI
Dans la capitale, après l’installation des chapiteaux au niveau de la place El Kettani à Bab El Oued dimanche dernier, la première opération du genre dans le pays, ce fut au tour de la Place du 1er-Mai (ex-Champ de manœuvres), dans la commune de Sidi M’hamed, que d’autres chapiteaux ont été installés juste à proximité du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Mustapha-Bacha. Ils ont été ouverts hier au public et ont commencé à administrer les premières doses dès la matinée.
Dans le chapiteau qui fait office de salle d’attente, il y avait encore des personnes venues se faire vacciner au moins jusqu’à 16 heures, avons-nous constaté. Durant la journée, de nombreuses autres personnes sont passées pour s’enquérir du déroulement de l’opération et des conditions à satisfaire. Pour recevoir l’anti-Covid-19, «il ne faut pas être malade sous traitement ou avoir une fièvre ou des symptômes grippaux, par exemple, comme pour tout autre vaccin d’ailleurs». Pour ceux qui ont déjà contracté la maladie de Covid-19, il faut en avoir été guéri pendant au moins les «trois mois précédents», selon les équipes médicales et paramédicales surplace, qui a indiqué que les anticoronavirus disponibles sont ceux qui ont été récemment réceptionnés par l’Algérie, à savoir le chinois Sinovac et l’anglo-suédois AstraZeneca.
L’opération semble, ainsi, avoir connu un bon démarrage au niveau des deux communes de la capitale, en attendant de la voir élargie à d’autres communes dans les prochains jours. A titre d’exemple, au niveau de la structure mise sur pied à El Kettani, plus de 200 personnes se sont vu administrer l’anti-Covid-19 le premier jour dimanche et plus de 300 personnes le deuxième jour lundi, dont la majorité est constituée plutôt de personnes atteintes de malades chroniques et de personnes âgées. Mais il faut savoir que tous les citoyens de plus de 18 ans désireux se faire vacciner peuvent se présenter munis seulement de leur carte d’identité nationale.
Dans la wilaya de Blida, une région qui a connu les premiers cas de coronavirus et qui continue jusqu’à présent d’enregistrer un nombre de malades de Covid-19 supérieur par rapport à la moyenne d’autres wilayas, notamment au niveau de l’Etablissement public hospitalier (EPH) de Boufarik, c’est avant-hier lundi que les chapiteaux de vaccination ont été installés. C’est au niveau de la place de la Liberté à Bab Essebt qu’ils ont été dressés et que les citoyens désireux se faire vacciner ont été invités à le faire sans rendez-vous. Une invitation à laquelle ils ont répondu en y allant en nombre. A Oran, c’est également dès le deuxième jour du lancement de la vaccination de masse, à savoir lundi, que cette opération a démarré.
Il est attendu, selon le Dr Djamel Fourar, porte-parole du Comité scientifique de suivi de la pandémie de coronavirus et directeur de la prévention au ministère de la Santé, que cette opération de en place de structures de vaccination supplémentaires, soit élargie à 20 wilayas dans un premier temps, durant la semaine en cours. Ce sont probablement les wilayas qui sont le plus touchées par la pandémie et qui présentent le plus grand nombre de cas, estime-t-on.
Actuellement, c’est la capitale qui est en tête de liste des wilayas qui connaissent le plus grand nombre de contaminations quotidiennes. Oran est également parmi celles qui enregistrent un nombre de cas important et Blida, pour rappel, est la wilaya qui a connu les premiers cas de coronavirus en Algérie, il y a un peu plus d’un an, en février 2020. C’est notamment l’hôpital de Boufarik qui a reçu le plus grand nombre de malades, environ 4000 depuis le début de la pandémie, et qui a assuré une prise en charge non-stop des malades Covid. Dans cette structure, les hospitalisations pour Covid-19 ont augmenté passant de 10 à 15% en mars à 20-30% en mai avant de grimper à un taux d’occupation des lits à environ 50% il y a une semaine, selon le Dr Yousfi, qui a fait savoir, par ailleurs, que l’hôpital de Blida a vu le nombre de personnes admises en réanimation presque doubler (environ une vingtaine) les deux dernières semaines. D’où, cette opération de vaccination de masse entamée dans le pays ne peut qu’être «saluée par l’ensemble des professionnels de la santé», eux qui n’ont eu de cesse de réclamer une accélération de la vaccination depuis le début de la campagne vaccinale, cela d’autant que le nombre de contaminations n’a cessé d’augmenter les derniers temps, dépassant la barre des 300 cas par jour. Selon le bilan diffusé hier, l’Algérie a enregistré 364 nouveaux cas et 10 décès.
L’installation des chapiteaux pour une vaccination de masse vient, ainsi, soulager les centres vaccinaux comme les Établissement publics de santé de proximité (EPSP) qui ne sont pas fait pour une vaccination de masse. Cette dernière, faut-il le souligner, reste tributaire des doses de vaccins que l’Algérie pourrait effectivement réceptionner et non des promesses de livraison. Des quantités importantes sont attendues d’ici la fin du mois et le mois prochain. «A la fin juin, l’Algérie aura eu 5,5 millions de doses et s’apprête à recevoir 3 millions de doses en juillet prochain», selon la directrice de la pharmacie au ministère de la Santé, Ouahiba Hadjoudj.