Le complexe industriel a déposé un projet auprès du Conseil des participations de l’Etat afin d’étendre son plan de charges et de diversifier son portefeuille métier, en même temps qu’il prospecte en Tunisie pour livrer des équipements de tramway.

Pour la 4e édition du Salon des transports, de la logistique et de la mobilité, qui a ouvert ses portes hier à Alger, il était intéressant de s’attarder tout particulièrement sur l’usine de production des télécabines pour les tramways Cital d’Annaba.
Et pour cause ! L’entreprise spécialisée dans l’assemblage et la maintenance de tramway a perdu 80% de son chiffre d’affaires suite au gel par le gouvernement de plusieurs chantiers de tramway dans différentes villes du pays, ce qui a induit une baisse drastique de la commande. Pour remédier à la crise survenue suite à cette décision et à un risque de gel de ses activités, Cital Annaba a décidé de réagir pour donner un nouveau souffle à son industrie, passer d’un seul à deux produits ferroviaires, tramway et train. En effet, Cital s’intéresse de près au montage d’une partie des trains commandés par la SNTF à Alstom, dont les premiers seront mis en service début 2018. « Pour répondre au besoin de la SNTF d’acquérir 98 trains Coradia hybride, Cital a finalisé un dossier et l’a soumis à la validation au Conseil des participations de l’Etat (CPE) : il s’agit de quintupler la surface de notre usine et de créer 270 emplois directs et 492 emplois chez nos fournisseurs locaux de pièces de première main en prenant une partie des besoins de la SNTF », confie Fayçal Fadel, directeur de communication de l’entreprise.
A travers ce projet, Cital étendra « son plan de charges jusqu’à 10 ans et augmentera le taux d’intégration au-delà des 30 % actuels concernant le montage de trains ». A cause de la réduction des financements publics, Cital a vu les projets d’extension des trams d’Alger, Oran, Annaba et Batna gelés.
« Le travail s’est réduit, mais il n’y a pas de crise. C’est tout à fait normal, il est prévu que le segment Cital dédié au montage de tramway s’arrête fin 2018 pour le marché national », confie encore le représentant de Cital : « Si le gouvernement relance les projets de tramway gelés, nous avons les installations et les compétences pour répondre à ce besoin. Mais, parallèlement, on prospecte beaucoup, notamment pour la réalisation d’un tramway à Tunis. Le dossier est en bonne voie », rassure-t-il. D’autre part, « une grande partie de l’usine est consacrée à la maintenance et à l’entretien. Désormais, on entre dans l’activité des grosses maintenances. Au lieu que les pièces soient envoyées à l’étranger pour être entretenues ou réparées, cela se fait chez nous », explique-t-il. Pour rappel, Brahim Bouchrit, directeur des projets tramways et câbles de Cital, avait indiqué il y a une dizaine de jours sur les ondes de la Chaîne III que « le gel des projets de tramways allaient entraîner une réduction de quelque 80% de son chiffre d’affaires, estimée à 17 milliards de dinars ». Il avait alors évoqué l’éventualité d’initier des projets de partenariat public. L’autre créneau concernerait, en plus de la production de trains, la maintenance du réseau ferroviaire national et des lignes de tramways et du matériel roulant en activité.