Le collectif de défense de Lakhdar Bouregaâ a introduit, lundi dernier, un appel auprès de la Cour d’Alger (Ruisseau) pour la liberté provisoire de l’ancien commandant de l’ALN mis en détention provisoire.

Théoriquement, la Chambre d’accusation va examiner l’appel introduit dans une durée de 10 jours pour se prononcer sur le cas Bouregaâ, entre son maintien en détention préventive ou sa mise en liberté. L’ancien maquisard a été placé, dimanche dernier par le juge d’instruction près le Tribunal de Bir-Mourad-Raïs, sous mandat de dépôt pour « humiliation d’un corps constitué et démoralisation des troupes de l’armée, en application des articles 75 et 146 qui renvoient à l’article 144-bis du code de procédure pénale. Le mis en cause risque entre cinq et dix ans d’emprisonnement pour avoir porté atteinte à corps constitué (art.146) et contribué sciemment, en temps de paix, à un projet visant à affaiblir le moral de l’Armée et à nuire à la défense nationale (art.79). Outre les griefs que la justice a retenus contre le prévenu, les avocats de la défense s’indignent du « traitement médiatique qui s’est constitué pour ternir l’image d’un grand moudjahid connu pour son patriotisme son dévouement pour son pays ». Le traitement médiatique réservé par certains supports à cette affaire « est une preuve d’amateurisme et d’un manque criant de professionnalisme », souligne un des avocats de Bouregaâ, selon qui « l’acharnement médiatique qui ignore la présomption d’innocence pose de graves problèmes ». L’avocat explique qu’en s’octroyant une mission de juriste, les acteurs de tels actes ignorent les retombées d’une condamnation d’ordre moral sur la victime. A cet effet, le collectif étudie la possibilité d’introduire une demande « d’ouverture d’enquête » pour statuer sur les « responsables d’un procès médiatique répressif » et l’origine des « graves » allégations tenues à l’encontre de la personnalité de Bouregaâ. Cette intention d’enclencher une action en justice de la part des avocats de Bouregaâ succède à celle, déjà formulée avant-hier par l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), qui dit se « réserver le droit de poursuite judiciaire contre ceux qui ont donné un autre nom à ce moudjahid autre que son vrai nom, en vue de ternir son histoire honorable». La réaction de l’ONM et du collectif des avocats fait suite aux « contrevérités » et autres allégations calomnieuses diffusées par des médias publics et privés, qui ont attribué au commandant de l’ALN « une usurpation d’identité ». Selon ces médias, le vrai nom de l’accusé qui est mis sous mandat de dépôt, aujourd’hui, est Ahmed Bouregaâ, qui est appelé aussi, Si Lakhdar, en référence à Rabah Mokrani qui est le vrai commandant de la 4e Région militaire, tombé au champ d’honneur lors de la guerre de libération. Pour rappel, la détention de Bouregaâ a suscité une vague d’indignations au sein des partis politiques et de la société civile.<