Après avoir annoncé son boycott de la prochaine élection présidentielle, le Front des forces socialistes (FFS) a procédé au deuxième jour des travaux de son conseil national, tenu ce week-end, au remaniement de son secrétariat national.

C’est ainsi que Mohamed Hadj Djilani a été maintenu en poste malgré les rumeurs qui avaient circulé dans la matinée d’hier sur son éventuel renvoi. Le premier secrétaire national du plus vieux parti de l’opposition a été reconduit à la tête du secrétariat. Il est considéré comme l’un des artisans du succès de l’actuelle direction aux côtés de Ali Laskri, membre de l’Instance présidentielle (IP), après le congrès extraordinaire du 20 avril 2018. «C’est de l’intox», a déclaré une source du FFS en réponse à une question concernant l’avenir de Hadj Djilani. Durant les travaux du conseil, Hayat Tayati, membre de l’IP, a pris la parole, demandant le départ de Hadj Djilani dont elle a critiqué le bilan. «Ce qui a été changé, c’est la liste du secrétariat avec le départ de certains membres et la fin de mission notifiée à d’autres qui n’ont pas donné satisfaction», précise notre source qui nous fournit les noms des nouveaux membres. Ainsi, ce remaniement a vu l’entrée de Sadek Slimani, chef du groupe parlementaire du parti, qui s’offre le poste de secrétaire national chargé de l’action parlementaire. Bilal Chikhi est désigné secrétaire national à la santé en remplacement de Boussafer Mehdada, alors que Koceila Idir, qui était chargé jusque-là de la jeunesse, est nommé à la solidarité nationale. Le secrétariat à la jeunesse est attribué à Nassim Attab. Rachid Chaibi, qui occupe un poste d’attaché parlementaire à l’APN, fait son entrée dans l’équipe de Hadj Djilani, il est chargé de la documentation et des archives. Un secrétariat qui n’existait pas avant. Nabil Aït Ahmed est nommé secrétaire national chargé du suivi des fédérations, en remplacement du défunt Khaled Mokrani, alors que Matouk Debbou, précédemment chargé des syndicats, est désormais affecté au développement. Un poste détenu jusqu’à hier par l’ex-secrétaire fédéral du parti à Tizi Ouzou, Farid Bouaziz. Autre changement, celui qui touche à l’école de formation politique dont le directeur Nacer Abdoune a été sacrifié. L’école est désormais placée sous la coupe du secrétariat à la formation que dirige Nabila Smaïl.
Le congrès ordinaire en perspective
Ce remaniement semble être une suite de la vague de changements apportés récemment par la direction du parti à différents niveaux, avec, à la clé, des suspensions et des radiations de cadres influents, à l’image de Chafaâ Bouaïche, député et ex-chef du groupe parlementaire, et la radiation de Salima Ghezali, vers la fin de l’année écoulée après une lettre adressée au chef d’état-major de l’ANP Ahmed Gaïd Salah sans autorisation du parti. Dernièrement, les sanctions ont touché plusieurs élus du FFS notamment dans la wilaya d’Alger.
Deux membres de l’exécutif de l’APW d’Alger, de surcroît vice-présidents, Souraya Louz et Hakim Kridi en l’occurrence, ont été exclus des rangs du parti pour «acte de trahison» politique. Beaucoup d’élus auraient agi délibérément contre les intérêts du parti durant les élections sénatoriales du 29 décembre lors desquelles le FFS a décroché deux sièges à Tizi Ouzou et Béjaïa. Avec ces changements, la direction nationale du FFS aura terminé de baliser la voie en prévision du prochain congrès national ordinaire qui devrait se tenir durant le premier semestre de cette année. Un rendez-vous important pour le parti, voire plus important que la présidentielle, pour laquelle il appelle les citoyens au boycott, estimant que « les conditions d’une élection démocratique, libre, honnête et transparente, à trois mois de sa tenue, ne sont pas réunies ».
Outre l’action de terrain puisqu’il s’agit d’un boycott «actif», le FFS va organiser en mars prochain, selon nos sources, la Convention nationale alors que la Conférence d’audit, elle, est prévue pour le mois de juillet. n