L’annonce du « Deal du siècle » par Donald Trump et Benyamin Netanyahou continue à susciter des réactions à des niveaux divers. Entre le rejet unanime des Palestiniens, premiers concernés, et les postures embarrassées des Européens et des Etats arabes, ce plan menace déjà l’avenir des Palestiniens.

Bien que ce fameux plan était attendu depuis bien longtemps, aujourd’hui, c’est devenu une réalité. Une véritable tromperie dans l’objectif extorquer davantage les Palestiniens et tenter de « liquider » la question palestinienne au grand bonheur de l’Etat hébreu. Ce plan est aujourd’hui catégoriquement rejeté par la diplomatie palestinienne, le chef de l’Autorité palestinienne, mais aussi le mouvement Hamas. « Ce que Trump a mis sur la table n’est pas un plan de paix mais plutôt un nouveau système d’apartheid », a commenté dans ce sens Salman El Herfi, ambassadeur de Palestine à Paris. Ce plan, souvent appelé « Deal du siècle », a été porté par le gendre et conseiller du président Jared Kushner. Ce dernier, ami des Israéliens, est le Monsieur Proche-Orient dans l’administration Trump. Du transfert de l’ambassade américaine vers El-Qods aux tentatives de rapprochement d’Israël avec les pays du Golfe et, aujourd’hui, avec ce plan de la honte, on retrouve inévitablement ce personnage. Des sources palestiniennes et arabes, informées du projet, redoutent qu’il ne soit un prélude à l’annexion par Israël d’un morceau de la Cisjordanie, y compris la majeure partie de la vallée du Jourdain, région stratégique et fertile, ainsi qu’au passage de l’occupation temporaire vers l’occupation permanente. Il y a en effet un risque de voir aujourd’hui l’exécution de ce plan sans même attendre un éventuel accord des dirigeants palestiniens. Dans un monde où rares sont les voix qui oseraient contredire les Etats-Unis, véritable gendarme du monde, les Palestiniens semblent bien seuls. Dans la région du Moyen-Orient, il est visible que seul l’Iran se permet aujourd’hui d’adopter une posture franchement anti-américaine et anti-israélienne. Ce qui lui vaut une situation délicate sur le plan économique mais aussi sécuritaire.
Le fantasque président américain a d’ailleurs reconnu, lors de l’annonce de son plan, qu’il a décidé de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien et d’ordonner l’assassinat du général Souleimani pour le compte d’Israël. Ce plan de Washington pour « régler » la question du Proche-Orient repose avec acuité la question des capacités des autres puissances, membres du Conseil de Sécurité de l’ONU, et des regroupements économiques d’importance, comme l’Union européenne, à émettre un rejet sans équivoque. Le plan de Donald Trump prend l’allure d’un plan mort-né tant il recueille un refus catégorique de l’acteur principal du conflit, à savoir le peuple palestinien. Il paraît en effet impossible à appliquer sur le terrain. Un plan fait avec les Israéliens et pour les Israéliens au dépend évidemment du peuple palestinien. Ce dernier est invité à accepter le fait accompli et se limiter de bantoustans en guise d’Etat. Cependant, pour l’administration Trump, qui devrait savoir au fond que le « deal du siècle » est une formidable supercherie pour les Palestiniens, le succès du plan en question n’est pas important. Trump se suffirait à paraître comme un « faiseur de paix », image dont il aura besoin de véhiculer dans l’objectif d’être réélu pour un second mandat à la Maison-Blanche. La « vision » du Président sera également encensée par les chrétiens évangéliques américains, qui soutiennent aveuglément Israël pour des raisons théologiques et qui constituent une partie de sa base électorale.