Les prix du pétrole ont grimpé jeudi après la décision par les membres de l’OPEP+ de réduire leurs coupes de production de brut, mais seulement à compter du mois de mai et progressivement.
Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, a conclu à Londres à 64,86 dollars, en hausse de 3,37% ou 2,12 dollars, par rapport à la clôture de la veille.
A New York, le baril américain de WTI pour le mois de mai s’est apprécié de 3,87% ou 2,29 dollars à 61,45 dollars.
Nerveux, le marché n’avait d’yeux jeudi que pour le sommet ministériel de l’alliance composée des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de ses dix alliés, connue sous l’acronyme OPEP+.
Après trois heures de discussion, l’alliance a décidé d’augmenter son niveau actuel de production de 350.000 barils par jour, en mai et juin, puis de 450.000 b/j en juillet.
Cette conclusion a surpris le marché dans un premier temps alors que «les attentes initiales des investisseurs étaient que l’Opec+ n’allait pas oser accroître sa production en mai», soulignait Louise Dickson, analyste pour Rystad Energy.
Mais la nouvelle de cette modeste réouverture des vannes a finalement soutenu les cours car les attentes sont fortes sur un rebond de la demande cet été, a ajouté l’analyste.
«Le bond de la demande à l’été, combiné avec le plan de l’OPEP+, pourrait pousser les stocks à la baisse et présenter un déficit en août», ce qui est favorable aux cours, a indiqué Mme Dickson.
Pour John Kilduff d’Again Capital, «la grande nouvelle, c’est que les membres de l’OPEP+ montrent de la retenue à court terme». Il a noté que le marché regardait déjà «au-delà de la situation de l’OPEP+ avec les bonnes données économiques américaines, notamment le rapport sur l’emploi vendredi» où l’on attend un grand nombre de créations d’emplois.
L’accord de l’OPEP+ «soutient les prix du pétrole mais devrait également aider à éviter une forte hausse à mesure que la demande de pétrole se redresse», estimait pour sa part Ann-Louise Hittle de Wood Mackenzie.
L’analyste voit «l’équilibre entre l’offre et la demande se resserrer au cours des deux prochains trimestres, avec des diminutions de stocks», ce qui soutiendra les prix.