Les principaux syndicats de la compagnie aérienne nationale n’arrivent toujours pas à accorder leur violon sur l’une des solutions proposées par le staff dirigeant d’Air Algérie pour faire face aux difficultés financières que traverse la compagnie nationale durement impactée par la fermeture des frontières et la suspension du trafic aérien en raison de la crise sanitaire, et ce, depuis près de neuf mois.

Une solution qui consiste en une réduction de la masse salariale. En effet, si du côté des affiliés à la centrale syndicale UGTA, on a donné l’aval, le Syndicat national des techniciens de la maintenance des avions d’Air Algérie (SNTMA) a rejeté une telle éventualité. Et pourtant, tout portait à croire que la réunion de mardi dernier, où étaient regroupés la direction d’Air Algérie et les partenaires sociaux, allait se solder par un accord convergent vers l’idée de procéder à des restrictions de salaires des employés. Mais en définitive, elle s’est terminée sans résolution dès lors où le SNTMA a campé sur sa position de refus. Depuis, aucune avancée n’a été enregistrée. C’est le statu quo. Mais toujours est-il que la Direction générale se retrouve ainsi dans une impasse dont elle doit s’en sortir du moins en convaincant le SNTMA que la réduction des salaires ne va pas s’installer dans la durée et n’est que conjoncturelle. Cela n’est pas une mince affaire dans la mesure où les arguments avancés jusqu’ici par le SNTMA pour justifier son refus sont solides. En effet, dans un tout dernier communiqué de ce syndicat, il est clairement indiqué qu’en dépit d’une chute des salaires d’environ 30 % (entre ITP, PPC, PPA) le personnel de la maintenance «a continué de donner le meilleur de nous-mêmes afin de préserver et les avions et le pavillon national et dans des moments les plus durs». Poursuivant dans ce sens : «Notre corporation a montré l’exemple lorsqu’il s’agit de sacrifice. Aujourd’hui, le personnel estime qu’il a largement rempli sa part de sacrifice et donc décidé de ne plus acquiescer à aucune autre concession dès l’instant où, en parallèle, l’injustice salariale subie depuis longtemps s’est amplifiée durant cette dernière période», a-t-il déploré. Il est également précisé dans ledit communiqué que bien que les avions étaient cloués au sol, la maintenance s’est poursuivie. Autrement dit, le technique est resté actif et ce depuis le début de la pandémie. C’est pourquoi, le SNTMA juge qu’«il est inconcevable de réduire les salaires d’une structure dont l’activité est restée constante pendant toute la crise de la Covid-19».
Il importe de rappeler que la crise financière que connaît la compagnie nationale aérienne ne date pas d’hier, mais s’est corsée depuis le 17 mars dernier (soit 9 mois) suite à la fermeture des frontières et la suspension du trafic aérien en raison de la pandémie du coronavirus (Covid-19). Causant de la sorte un énorme préjudice financier au pavillon national qui est venu s’ajouter aux problèmes de gestion de la compagnie aérienne.
Pour rappel, la direction d’Algérie avait informé, lors d’une rencontre avec ses partenaires sociaux, le 9 novembre dernier, que le pavillon national fait face à une situation chaotique. «Devant cette situation, elle serait dans l’incapacité d’assurer les salaires dans un futur très proche», avait-elle averti. Comme elle a instruit qu’elle invitait les partenaires sociaux présents à la réunion de «proposer des solutions concrètes et exceptionnelles lors de leur prochaine rencontre» (la semaine dernière). Le staff dirigeant annonçant à la même occasion qu’il devrait décider d’une baisse des salaires qui atteindrait 40 % à compter de l’année 2021. Une solution très mal accueillie par le Syndicat national du personnel navigant commercial algérien (SNPNCA) et le Syndicat national des techniciens de la maintenance des avions d’Air Algérie (SNTMA). Mais ce dernier est vite monté au créneau. Soulignons enfin qu’aux dernières nouvelles, une réunion entre la Direction générale et les partenaires sociaux a eu lieu pour tenter de trouver une solution. <