Propulsé une nouvelle fois au-devant de la scène politique à travers les péripéties de la relaxe, par le parquet de Sidi M’hamed, d’une vingtaine de manifestants et le débat qui s’en est suivi autour de la plaidoirie du désormais ancien procureur-adjoint du même tribunal, le corps des magistrats n’a pas été sans capter les signes de reconnaissance que lui ont envoyés les manifestants du mouvement populaire.
En effet, le Club des magistrats algériens (CMA) a rendu public un communiqué dans lequel il rend hommage aux manifestants qui ont exprimé, vendredi dernier, leurs soutien et solidarité au procureur adjoint du Parquet de Sidi M’hamed qui a subi des «représailles» au lendemain du procès des manifestants qui ont été relaxés.
Les manifestants ont brandi à l’occasion de cette manifestation le portrait du procureur sous le slogan «fierté de la justice algérienne» en signe de solidarité avec M. Belhadi convoqué, faut-il le souligner, par l’inspection générale du ministère de la Justice avant d’être muté à El Oued dans ce qui a été considéré comme «une punition».
«Nous exprimons au peuple algérien nos sentiments de fierté et de reconnaissance. Ce peuple, qui a fait entendre sa voix à travers le monde, et même aux sourdes oreilles, durant les 52 vendredis précédents, a toujours plaidé en faveur de la vérité en campant sur sa position et sur ses revendications», est-il écrit dans le communiqué du CMA. «Le peuple est la seule source de pouvoir, au nom de qui les jugements sont prononcés, une justice permettant au magistrat de ne répondre qu’à sa conscience et aux avocats, aux experts, aux auxiliaires de justice de jouer leur rôle pleinement pour garantir l’équité», a ajouté le CMA. Ce dernier a relevé, dans le même communiqué, qu’«avec cette solidarité exprimée, une barrière que voulait maintenir à tout prix le ministère de la Justice dépendant du pouvoir exécutif, a été brisée entre le peuple et les magistrats».
Le syndicat des magistrat a estimé, à ce propos, qu’à «la place des pressions sur les magistrats, il aurait été plus approprié de déployer davantage d’efforts pour récupérer l’argent volé du peuple, opération tout à fait possible comme l’ont démontré les expériences en Afrique dont la dernière au Nigeria». En tout état de cause, le Club des magistrats n’a pas laissé passer l’opportunité de se rapprocher des acteurs de la contestation populaire en exprimant sa reconnaissance aux manifestants qui ont fortement apprécié la plaidoirie de Belhadi.
Auparavant, l’image des magistrats était restée sur une «note négative» auprès de l’opinion qui n’avait pas compris les motivations ayant poussé les magistrats à abandonner la grève menée au mois de novembre pour contester le mouvement dans le corps des magistrats opéré par le ministère de la Justice. Ce mouvement avait donné lieu à un bras de fer inédit entre la tutelle et le corps des magistrats avant que le Syndicat national des magistrats ne sursoit à son action.