La situation épidémique due au coronavirus en Algérie enregistre une stabilité des cas sans toutefois permettre une reprise totale de la vie socioéconomique, de nombreux secteurs étant toujours dans l’expectative. Avec une moyenne évoluant autour de 160 cas par jour, les professionnels continuent de recommander plus de vigilance afin d’éviter d’avoir une recrudescence et peut-être même une deuxième vague de la pandémie.

Le ministre de la Santé, de la Population et la Réforme hospitalière, le Pr Abderrahmane Benbouzid, en a fait état, lors de sa dernière sortie médiatique. «L’Algérie a gagné la bataille contre la pandémie de Covid19», a-t-il dit, tout en soutenant que «la vigilance demeure toujours de mise pour ne pas tomber dans une deuxième vague». Tout en qualifiant la situation épidémique en Algérie de «stable», il a lancé un énième appel à la population à «rester consciente» et à «continuer à appliquer les gestes barrières» pour, a-t-il insisté, éviter une deuxième vague» comme c’est le cas dans plusieurs pays à travers le monde.
Cette stabilité de la situation épidémique a permis cette fois-ci, entre autres, la reprise des transports urbains durant le week-end. Mais si ces derniers ont eu l’autorisation de circuler, ce n’est toujours pas le cas pour le métro d’Alger qui lui, est encore complètement à l’arrêt. Pourtant, en septembre dernier, des responsables avaient annoncés qu’il serait mis en service après la mise en place de certaines mesures concernant le protocole sanitaire, comme le traçage au sol de l’entrée et de la sortie des voyageurs, le marquage des sièges, l’affichage pour la sensibilisation des usagers, la mise en place des alertes sonores pour rappeler aux gens de garder leur masque et de maintenir la distanciation physique, etc. Près d’un mois après cette annonce, les usagers de la capitale restent privés de ce moyen de locomotion très prisé. Mais pas seulement, les transports interwilayas n’ont pas repris non plus, tout comme les écoles et les universités, ces dernières n’ayant reçu que les classes d’examens et les étudiants devant présenter leur thèse de soutenance. On rappelle, dans ce sens, que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait donné instruction au ministre de la Santé d’élaborer un rapport sur ce sujet. Ce rapport porte sur «la rentrée scolaire et universitaire (…) sur une éventuelle reprise des cours dans les secteurs de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et de l’Enseignement et de la Formation professionnels, en collaboration avec le Comité scientifique de suivi de l’évolution de coronavirus». Le rapport en question devrait être présenté en Conseil des ministres.
D’autres secteurs sont toujours en rade à l’instar des transports aérien, maritime et terrestre, de certaines activités de services ou commerciales et autres, sans oublier les écoles supérieures privées et les établissements de formation privés qui ont tiré la sonnette d’alarme en se disant au bord de la faillite. Même cas de figure pour les débits de boissons alcoolisées qui ne cessent d’exprimer leur incompréhension et colère. Pour les autorités sanitaires et les professionnels de la santé, c’est la sécurité sanitaire qui doit être prise en compte au-delà de toute autre considération. Le ministre de la Santé, lors de sa sortie médiatique, a rendu un énième hommage aux personnels du secteur sanitaire pour «les efforts déployés tout au long des mois qu’a duré la pandémie pour endiguer le virus et sauver la vie des malades».

Un autre décès parmi le personnel médical, le Pr Ahmed Zatout
Cet énième hommage est prononcé alors que le personnel médical continue de perdre des vies parmi sa corporation. Cette fois-ci, c’est le professeur Ahmed Zatout, chef de service médecine du travail au niveau du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Nedir-Mohamed de Tizi Ouzou, qui a payé de la vie sa persévérance dans la lutte contre le coronavirus. Il a été inhummé hier et les présents lors passage du cortège funèbre au niveau de l’hôpital où il exerçait ont fait état d’un grand moment d’émotion. «Tout le monde s’est incliné comme un seul homme à sa mémoire. Un hommage à la hauteur du praticien, de l’homme très estimé et très respecté de tous». Le personnel de la santé, tous corps confondus, compte désormais 98 décès et environs 6.000 cas d’infection au coronavirus.
Les appels à la vigilance ne sont jamais de trop et de l’avis du Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, «avec environ 160 cas quotidiens actuellement, avec des wilayas qui continuent d’enregistrer des cas, il faudra attendre un peu et voir l’évolution de la situation épidémiologique pour la reprise des secteurs encore à l’arrêt». Pour lui, «nous sommes dans la bonne direction et la situation épidémique est certes en amélioration, mais cela reste un acquis à préserver en gardant les frontières fermées, en adoptant les gestes barrières, afin de ne pas tomber dans des situations similaires à celles de pays européens et même de pays voisins qui, après avoir tout ouvert, se sont retrouvés avec une flambée des cas», réitérant qu’il faut «garder les mesures qui font barrage à la transmission du virus et garder aussi nos frontières fermées» au vu de la forte propagation de la pandémie dans certains pays. <