Par Sihem Bounabi
Dans un contexte marqué par une ébullition sociale où un dialogue de sourds s’est installé entre les pouvoirs publics et les syndicats de la santé, il a fallu attendre que le président de la République ordonne la relance du dialogue social pour que le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, accorde une audience au Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) afin d’apaiser la situation et trouver des solutions aux revendications.
Dans un communiqué publié par le SNPSP, il est souligné que le «SNPSP a pris acte des instructions données par le Président de la République concernant la relance du dialogue avec les partenaires sociaux pour l’amélioration de la condition sociale des professionnels de la santé et la réussite des réformes du système de santé dans notre pays». Ainsi, suite à cette rencontre, des points les plus importants ont été mis en exergue par le SNPSP, dont notamment l’engagement du ministère de la Santé à «réunir rapidement le comité ad hoc chargé de mettre à jour le projet d’amendement des statuts et du régime indemnitaire». Il s’agit également de l’intervention du ministre de la Santé au niveau de la Fonction publique pour la prise en charge du dossier de la classification du doctorat en médecine dentaire et pharmacie. L’autre point retenu à la suite de cette audience est celui de trouver des solutions au dossier de la gradation, pour cela, une réunion de travail technique est prévue. Lors de cette rencontre, le SNPSP a également demandé l’intervention du ministre de la Santé auprès de son collègue de l’Enseignement supérieur pour la prise en charge des doléances des adhérents en position d’activité dans le secteur de l’enseignement supérieur. Il a également été évoqué aussi, en présence du Secrétaire d’Etat chargé de la réforme hospitalière, Smaïl Mesbah, le dossier des réformes du système de santé avec notamment la nécessité de la mise en place d’une fonction publique dédiée à la santé. Suite à cette réunion, le SNPSP a demandé, une réunion de la commission mixte centrale SNPSP/MSPRH pour le suivi de tous les dossiers en suspens.
Le SNPSP a réaffirmé l’engagement du corps médical à ne ménager aucun effort pour le bien du système de santé et à travailler en concertation avec le ministère en tant que partenaire pour proposer des solutions aux différents problèmes que connaissent les structures sanitaires. Toutefois, échaudés par leurs précédentes rencontres avec le ministre de la Santé, qui n’avaient été suivis d’aucun acte concret pour la mise en place d’une feuille de route pour la satisfaction des revendications des professionnels de la santé, le SNPSP annonce que le bureau national «se réunira après l’Aïd El Fitr pour évaluer et décider des perspectives, notamment dans le cadre de l’intersyndicale de la santé».
De son côté, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a affirmé que les dossiers relatifs à la promotion dans les grades, les statuts et le régime indemnitaire seront traités par les comités ad hoc mis en place, appelant les structures centrales de son ministère à passer à la vitesse adéquate pour la prise en charge des dossiers relevant de leurs compétences, souligne un communiqué publié par le ministère de la Santé.
Concernant, les contraintes et les entraves que subissent les praticiens de la santé au niveau de certains établissements -une situation qui rend les conditions de travail difficiles- le SNPSP a tenu à poser cette problématique lors de cette rencontre.
Le ministre de la Santé a également instruit les cadres centraux de son ministère à «ne ménager aucun effort à l’effet d’améliorer les situations et à trouver des solutions à tous les problèmes soulevés». Ajoutant que cette mission «ne sera possible qu’à travers la promotion du dialogue et de la communication pour asseoir un climat social favorable au développement du secteur».
Pour rappel, le 7 avril dernier, trois syndicats de la santé, Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu) et Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) ont lancé un appel à la grève nationale pour dénoncer le non-respect des mesures de restructuration totale du système national de santé ainsi que l’amélioration des conditions de travail du personnel de la santé tels que cela avait été annoncé, il y a plus d’une année par le chef de l’Etat. Cette grève, selon les syndicats, avait été suivie à 80% et exprimait ainsi la déception du personnel de la santé face aux multiples promesses sans suite de la part du ministère de la Santé. n