Le programme Joussour, initié en Algérie en 2006, a lancé une étude sur l’état des lieux de la responsabilité sociétale des entreprises en Algérie et leur soutien aux acteurs associatifs.

L’étude qui a touché plus de 40 entreprises et 26 organisations de la société civile est menée par le programme Joussour visant à renforcer la société civile algérienne dans la prise en charge de l’enfance et de la jeunesse vulnérable. Ce programme a bénéficié de fonds émanant au départ de la Coopération française et de la Fondation de France.
Il est souligné, dans l’étude publiée la semaine dernière, que des raisons tenant à des éléments de contexte national, les associations bénéficiaires de ce programme devront trouver de nouvelles sources de financement assises sur un plan national algérien. Par ailleurs, le programme entamant une phase de sortie, avec un désengagement progressif de ses bailleurs traditionnels, devra également repenser son modèle économique pour assurer la pérennité de ses actions.
Il est ajouté que cette question se pose avec acuité dans un certain nombre de pays en raison d’un désengagement des Etats dans le financement du secteur associatif car la réduction des budgets émanant des ministères comme des collectivités locales a amené des grandes ONG à se tourner vers les entreprises. Au-delà des questions financières, des grandes ONG, centrées vers les questions d’environnement, de défense des droits de l’Homme comme de lutte contre la corruption, ont fait le choix d’aller vers les grandes multinationales à la fois pour les interpeller sur leurs pratiques sociales et environnementales mais aussi pour les accompagner dans le cadre de leur politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Le rapport souligne que les multinationales pesant davantage dans beaucoup de pays, ce sont vers elles que les ONG ont choisi d’exercer leur influence, passant progressivement d’une approche fondée sur le mécénat à celle d’une logique de coopération économique et d’accompagnement de pratiques dites « responsables ». En Algérie, les subventions publiques à destination du mouvement associatif sont traditionnellement faibles et cette tendance risque de s’aggraver avec la politique d’austérité menée par le gouvernement, depuis la chute drastique des prix du pétrole. Parallèlement, les financements des bailleurs internationaux, qui contribuent depuis deux décennies à l’émergence d’un mouvement associatif plus structuré et plus efficace, sont plus réglementés par la loi 12/06 sur les associations. Pour continuer leurs activités, celles-ci n’ont d’autre choix que de diversifier leurs sources de financement en explorant la piste du secteur économique. Certaines, dont des membres de Joussour, rencontrent un certain succès dans cette démarche et parviennent à capter des fonds plus ou moins conséquents du secteur marchand privé et public. Mais elles sont peu nombreuses et les mécanismes d’octroi de ces aides sont peu connus, non transparents et pas suffisamment structurés pour profiter à tous. D’un autre côté, quelques entreprises nationales et internationales entretiennent des relations de partenariat financier sous forme de mécénat avec le monde associatif. Elles restent, cependant, minoritaires malgré une législation qui prévoit des abattements fiscaux sur les dons octroyés à des œuvres ou des organismes d’intérêt général. Quelques-unes, surtout des filiales algériennes de multinationales, ont adopté une démarche RSE mais la plupart sont plutôt dans une démarche caritative. De manière générale, le monde associatif et le monde économique se côtoient peu et la nature des relations qui existent entre eux est peu connue, ajoute le rapport.