Par Sihem Bounabi
Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a limogé, hier, le Directeur général du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Ibn Rochd d’Annaba, Mohamed Nacer, suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant l’état catastrophique des services d’urgences.
La veille de cette décision, le ministre de la Santé avait annoncé aux médias que des mesures seraient rapidement prises face à cette situation dont les images l’ont «vraiment attristé». D’autant plus qu’il y a à peine un mois, lors d’une visite de travail dans la wilaya d’Annaba, il avait donné des instructions fermes pour l’amélioration des services d’urgences de l’hôpital bônois. Le ministre de la Santé a également annoncé l’inauguration, à Annaba, avant la fin du mois de juin du plus grand hôpital d’urgence médico-chirurgical de la région, avec une capacité de 140 lits et doté des derniers équipements médicaux et spécialités médico-chirurgicales.
Il est à noter que la vidéo choquante, largement diffusée sur les réseaux sociaux, a été réalisée, le 24 mai dernier, lors d’une visite surprise effectuée par le P/APW et des parlementaires de la wilaya. La vidéo montre un service des urgences déplorable avec des malades allongés à même le sol, des sanitaires inondés, un bloc opératoire transformé en magasin et des ambulances vétustes transportant six malades à la fois choquant l’opinion publique. Des appels ont alors été lancés à «l’intervention du Président de la République» par des citoyens, alors que des députés ont appelé le ministre de la Santé, à «diligenter une commission d’enquête» au niveau de la wilaya.
Pour rappel, le ministre de la Santé avait dès le mois de février dernier annoncé que, conformément aux orientations du Président de la République Abdelmadjid Tebboune, la priorité serait accordée à l’amélioration des services des urgences et la création de centres des urgences médico-chirurgicales pour toutes les spécialités au niveau des grandes wilayas comme Oran, Annaba et Alger, dans le but «d’offrir les meilleurs services de santé aux citoyens», mettant ainsi en exergue l’importance «des services des urgences qui sont les premiers vers lesquels se tournent les malades».
Au début de ce mois de mai, le ton du ministre de la Santé est monté d’un cran en donnant un ultimatum de 15 jours aux responsables concernés pour l’amélioration de la qualité des services au niveau des urgences, avertissant que dans le cas contraire, des sanctions tomberont. En effet, lors d’une réunion avec les directeurs de santé au niveau des wilayas (DSP), le ministre de la Santé avait ouvertement déploré l’état dans lequel il avait trouvé les services des urgences au niveau de certains établissements hospitaliers où il avait effectué des visites inopinées. Il a dès lors insisté sur l’impératif de la mise en œuvre de ses instructions à la lettre, martelant que «le travail et les performances des différents gestionnaires seront évalués et des mesures seront prises en fonction des résultats».
Abderrahmane Benbouzid avait également souligné, lors de cette réunion, l’impératif d’assurer la maintenance et la remise en marche des équipements en panne, assurer des prestations à la hauteur, prendre en charge et orienter les malades, veiller à l’hygiène selon les normes en vigueur en milieu hospitalier, organiser les gardes et réunir les moyens permettant aux personnels d’exercer dans les meilleures conditions possibles et dans un climat de travail décent.
Avec le limogeage du Directeur général du CHU d’Annaba, le ton est donné aux autres responsables des structures de santé visés et dont l’état déplorable des services d’urgence est déjà dans le collimateur de la tutelle. <