PAR MILINA KOUACI
Le texte portant amendement de la loi 90-14 relative aux modalités d’exercice du droit syndical a été publié au Journal Officiel permet aux organisations syndicales. Ainsi, la Confédération des syndicats algériens (CSA) compte introduire à nouveau son dossier de constitution au ministère du Travail pour obtenir son récépissé d’enregistrement, qui lui a été refusé en 2018 pour non-conformité avec les dispositions de la loi 90/14. Désormais, les organisations syndicales de travailleurs salariés et d’employeurs ont le droit de se constituer en fédérations, unions ou confédérations, quels que soient la profession, la branche ou le secteur d’activité auxquels elles appartiennent. Les fédérations, unions ou confédérations ont les mêmes droits et obligations que ceux applicables aux organisations syndicales et sont soumises, dans l’exercice de leur activité, aux dispositions de la présente loi. L’union ou la confédération est de son côté constituée d’au moins 2 fédérations, ou d’au moins 5 organisations syndicales de travailleurs salariés ou d’employeurs, constituées légalement conformément aux dispositions de la présente loi. En 2019, le ministère du Travail a refusé d’accepter le dossier de constitution de la CSA pour non conformité aux dispositions de l’article 2 de la loi 90/14 relative aux modalités d’exercice syndicale. Cependant, aujourd’hui, «aucun motif de refus ne peut être justifié», dit Zoubir Rouina, secrétaire général du CLA et membre de la CSA. «Nous avons le droit de nous constituer au sein de confédération ou d’union. La CSA n’attendait que la publication de la loi au Journal Officiel pour introduire son dossier de constitution et pouvoir par conséquent demander d’être associée au dialogue et fournir des propositions sur les dossiers qui intéressent les travailleurs.» Notre interlocuteur estime que les coalitions répondent à un besoin exprimé par les travailleurs lésés dans leurs droits et au besoin d’organisation de la lutte syndicale. «Quand nous avons des revendications communes, les syndicats ont intérêt à se constituer dans des coalitions pour le bien des travailleurs, de faire valoir nos droits et aussi de réduire le coût de grève», explique M. Rouina. Ce dernier n’exclut pas de constituer des coalitions sectorielles, notamment dans le secteur de l’éducation qui compte une trentaine de syndicats. «C’est mieux de s’unir pour défendre les revendications communes des travailleurs du secteur que d’agir en solo», souligne le secrétaire général du CLA. <

Le Cnadem boycotte la vente du livre scolaire
Le Conseil national autonome des directeurs des établissements du moyen (Cnadem) emboîte le pas aux directeurs des écoles primaires. Le Cnadem refuse, en effet, de se charger de la vente du livre scolaire et annonce ne prendre que le quota destiné aux élèves nécessiteux et ceux dont les parents sont affiliés au secteur et qui bénéficient d’une distribution gratuite. Il est à noter que le ministère de tutelle a récemment fixé la date du 30 juin comme dernier délai pour la distribution des livres scolaires à tous les établissements éducatifs, au profit des trois cycles d’enseignement (primaire, moyen, secondaire), en prévision de la prochaine rentrée scolaire. Il a été décidé de la consécration, à partir de la prochaine année scolaire, d’une prime forfaitaire en faveur des encadreurs de l’opération de vente de livres scolaires au niveau des établissements éducatifs. Le ministre de l’Education, Abdelhakim Belabed, avait annoncé, pour sa part, la création d’une allocation de vente des livres scolaires, dont les détails seront annoncés ultérieurement.

L’Intersyndicale de la Fonction publique du Sud en sit-in le 2 juin
L’Intersyndicale de la Fonction publique du Sud et des Hauts-Plateaux a exprimé son «désarroi» quant à l’attitude des pouvoirs publics vis-à-vis de ses revendications. Ces syndicats qui se mobilisent depuis trois mois pour des doléances qu’ils qualifient de «légitimes» reprochent aux autorités compétentes leur mutisme. Les syndicats de la Fonction publique des wilayas du Sud tiendront un sit-in de protestation le 2 juin prochain. Les travailleurs des différents secteurs devraient se rassembler devant les sièges de wilaya du Sud et des Hauts-Plateaux. Ces syndicats, qui représentant les secteurs de l’Education, de l’Enseignement supérieur, de la Santé et des Finances, dénoncent l’attitude des autorités compétentes qui «se murent dans le silence», et brandissent la menace de radicalisation des actions avec la rentrée sociale dans le cas de non-satisfaction des revendications soulevées. Il s’agit, essentiellement, de l’actualisation de la prime de zone calculée sur la base du barème des rémunérations de 1989 suivant la classification administrative des zones du Sud avec effet rétroactif. L’Intersyndicale de la Fonction publique du Sud exige de généraliser la «prime d’excellence» à toutes les catégories et travailleurs relevant des secteurs de la Fonction publique et de comptabiliser la durée du service dans le Sud dans le dossier de retraite.