La « médiocre » participation de l’Equipe nationale lors de la 21e édition de la Coupe d’Afrique des nations, au Gabon, a poussé l’Etat à sortir de son mutisme par rapport à la gestion du sport roi et demander des comptes au président de la Fédération algérienne de football, Mohamed Raouraoua.

En effet, même si l’équipe avait des chances infimes de qualification au deuxième tour de la compétition, avant son match face au Sénégal, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, avait indiqué que le président de la FAF rendra des comptes. A une question des journalistes sur la prestation de l’équipe nationale en Coupe d’Afrique, M. Sellal avait déclaré en marge de la première réunion de la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE), «qu’une évaluation de la participation des Verts à la CAN sera établie après le retour de l’Equipe nationale au pays». Une évaluation plus que nécessaire, selon les observateurs, alors que les Verts ont bénéficié durant ces dernières années de tous les moyens et surtout financiers pour qu’au final, ils terminent la compétition prématurément, bien que l’équipe recèle les meilleurs joueurs africains. Il faut dire que l’Equipe nationale avait entamé la CAN avec l’objectif de remporter le titre de champion d’Afrique ou même de terminer dans le carré d’As. Pour sa part, le ministre de la Jeunesse et des Sports, El Hadi Ould Ali, a qualifié, mardi à Tipasa, la participation de la sélection algérienne de football à la Coupe d’Afrique des nations de « médiocre », nécessitant une évaluation « dans le calme », afin d’en tirer les leçons qui s’imposent pour renfoncer la stabilité de l’équipe en vue des prochaines échéances. « Il est naturel que le ministère se réunisse avec la Fédération et les membres du bureau fédéral afin de donner des explications et d’exposer les causes de cet échec et cette participation médiocre, pour ensuite corriger les erreurs et trouver des solutions, loin de toute critique négative », a assuré. Il a ajouté que la réunion en question est inscrite au titre de « rencontres régulières tenues avec toutes les fédérations sportives», en vue d’évaluer leurs rendements et les résultats obtenus, soulignant que du moment qu’il s’agit « d’équipes nationales représentant la souveraineté du pays », l’Etat algérien est disposé à fournir tout le soutien nécessaire pour la sélection des meilleurs joueurs et le recrutement des meilleurs entraîneurs. Après avoir assuré que les pouvoirs publics « ne s’immiscent pas dans le travail des fédérations sportives, mais collaborent et se concertent avec elles, pour trouver des solutions », Ould Ali a signalé l’organisation d’une rencontre avec toutes les fédérations sportives nationales, au titre des préparatifs de l’année olympique 2017-2018, qui donnera lieu au renouvellement des instances fédérales. Dans le même sillage, le ministre de la Jeunesse et des Sports a soutenu que «tout le monde doit endosser la responsabilité de cet échec» et que la Fédération algérienne de football (FAF) «doit donner des explications au peuple». Il a, par ailleurs, refusé d’endosser la responsabilité de cette élimination précoce de la CAN gabonaise à une partie quelconque, préférant souligner les résultats positifs des Verts lors de rendez-vous précédents. « Il est nécessaire de garder espoir et de soutenir l’Equipe nationale dans les moments difficiles pour préparer l’avenir, car il est hors de question d’être des ingrats et d’oublier toutes les performances réalisées par cette équipe lors des précédentes compétitions », a, encore, observé le ministre. Il a fait part de la détermination de son ministère à encourager la formation, comme une des solutions prônées pour garantir un « réservoir de talents » à l’équipe nationale, tout en louant les efforts des pouvoirs publics en matière de réalisation de structures sportives de qualité, à l’instar du Centre de regroupement des équipes nationales de Fouka, dont il a effectué une visite. Il y a lieu de rappeler que la sélection algérienne de football a été éliminée dès le premier tour de la CAN-2017 au Gabon en terminant troisième du groupe B avec deux points récoltés en trois matchs disputés. Le Sénégal (7 pts) et la Tunisie (6 pts) sont qualifiés pour les quarts de finale.