Le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, a procédé à la nomination de Chahar Boulakhras au poste de P-DG de Sonelgaz. Cette nomination est intervenue suite à la promotion de Mohamed Arkab comme ministre de l’Energie au sein du gouvernement Bedoui. Auparavant, Chahar Boulakhras occupait le poste de P-DG de Sharika Kahrabawa Takat Moutajadida (SKTM), une des 13 filiales de Sonelgaz. Cette nomination jette désormais un doute quant à la stabilité de Sonelgaz depuis la promotion de Nouredine Bouterfa ex-P-DG au poste de ministre de l’Energie. Nouredine Bouterfa aura occupé le poste de P-DG à Sonelgaz de 2004 à 2016. Il ne restera pas longtemps au poste de ministre de l’Energie, car il ambitionnait de revoir les critères de nomination aux postes très sensibles de vice-président de la compagnie Sonatrach. Sans le vouloir, il entrera dans le pré-carré de Bouteflika qui ne voulait pas d’intrusion dans une société où, par décret ou oukase, il faisait et défaisait les carrières des cadres dirigeants de Sonatrach. Après Bouterfa, Mustapha Guitouni fera son… retour à Sonelgaz, lui, qui était parti en retraite par la plus petite des portes portant comme une croix des accusations, «sans fondements» disait-on à l’époque, de gonflement des factures des clients importants du Grand-Alger. Il ne fera pas long feu à Sonelgaz ni au ministère de l’Energie, où il succédera à Bouterfa. Rappelons que ce dernier avait conduit et conclu, en véritable maestro, la réunion de l’Opep à Alger, ce qui lui a valu la reconnaissance de ses pairs de l’Organisation, mais aussi sa proscription par la présidence pour les raisons citées plus haut. La tradition à Sonelgaz, bien avant sa prise en mains, consistait à promouvoir à des postes clés les cadres dirigeants proches du P-DG de l’heure, ou de ceux des filiales production (CEEG, SPE…) et distribution (les SDx, actuellement SDC et SDA). Une manière de ne faire confiance qu’aux hommes à la tête des véritables filiales rentables de Sonelgaz, les filiales métiers, et non les filiales périphériques. 
Un P-DG pas comme les autres
Mohamed Arkab prendra les rênes de Sonelgaz et, après, promu ministre de l’Energie comme Bouterfa et Guitouni. A signaler que la nomination confirmera la sacro-sainte loi non écrite de la nomination à la tête de Sonelgaz des cadres dirigeants des filiales métiers. Seulement, cette fois, l’exception ne confirmera pas la règle, car Chahar Boulkhras, même s’il n’a pas été sous les feux de la rampe, est quand même un vieux de la vieille de Sonelgaz, même s’il flirte à peine avec la cinquantaine. Une autre «entrave» aux règles de Sonelgaz qui favorisent les nominations de cadres dirigeants issus des filiales métiers, comme signalé plus haut, mais aussi des personnes qui devaient émarger depuis des années à la CNR, «des grabataires», pour reprendre l’expression d’un proche collaborateur de Bouterfa. Il n’est pas rare, en effet, de croiser dans les couloirs de Télemly des septuagénaires qui totalisent plus de quarante ans de boîte. Du temps de Bouterfa, c’était un secret de Polichinelle que ce dernier ne voulait à aucun moment entendre parler d’énergies renouvelables, c’est pourquoi SKTM était le dernier de ses soucis, et la promotion de Boulakhras comme P-DG de la filiale implantée à Ghardaïa n’était qu’une formalité destinée à la consommation locale. Une façon de dire que Sonelgaz était dans l’air du temps et qu’elle se préoccupait des énergies renouvelables, celles fossiles étant en déclin quantitatif. C’est pourquoi la nomination de Boulkhras est vue comme inhabituelle à Sonelgaz. Cette fois ce n’est pas un cadre des filiales métiers qui est propulsé P-DG, et c’est là aussi une grande surprise, mais un homme qui n’avait pas d’affinités particulières avec l’homme fort de Sonelgaz, Achour Telli, le tout puissant numéro 2 de l’UGTA, président du syndicat d’entreprise et président du CP depuis plus de dix ans. Plusieurs P-DG et DG des filiales de Sonelgaz lui devront leurs postes, et les hauts responsables faisaient ami-ami forcé avec lui, redoutant d’être disqualifiés par celui qui avait plus que son mot à dire dans la nomination des cadres dirigeants de l’entreprise. Donc, il est sûr que Chahar Boulakhras n’a pas eu besoin de l’aval de Telli, probablement à cause des tangages qui affectent la maison UGTA et Sidi-Saïd, et par ricochet, son pouvoir, depuis un certain 22 février et le vent de «dégagisme» qui souffle sur le système et ses hommes. La nomination de Boulakhras peut aussi avoir un sens de virage important de la politique énergétique du pays, vu que ce dernier est un fervent adepte des énergies renouvelables, contrairement à ses prédécesseurs. Chahar, enfant du quartier populaire d’El Kantara à Constantine, devra donc remonter de la lointaine Ghardaïa pour l’immeuble de Télemly à Alger, où beaucoup de défis l’attendent, notamment après l’instabilité qu’a connue Sonelgaz depuis le départ de Nouredine Bouterfa.n