L’année universitaire dans les écoles normales supérieures risque d’être perturbée, en dépit des assurances sur la priorité des diplômés des écoles normales supérieures (ENS) dans le recrutement dans le secteur de l’Education. Après les assurances du ministre de l’Education nationale, c’était au tour de la plus haute autorité, à savoir le président de la République, de rassurer les «Normaliens». Cependant, les représentants des étudiants temporisent et comptent se concerter après les vacances pour décider du gel ou de la poursuite de la grève.

PAR MILINA KOUACI
Lors de l’entrevue périodique accordé par le président de la République aux médias nationaux, Abdelmadjid Tebboune, s’est engagé à garantir un emploi à tout diplômé des ENS, soulignant l’intérêt particulier qu’il accorde à l’Education. Il a précisé, dans ce cadre, que l’Ecole, contrairement à l’Université, garantit de facto un poste de travail à ses diplômés, affirmant ainsi qu’il n’a jamais été question de refuser de recruter les diplômés des ENS et que la décision de titularisation est «officiellement tracé», a-t-il rassuré.
Nonobstant, la crise née de la décision du président de la République lors du Conseil des ministres tenu le 11 décembre dernier de titulariser près de 60 000 enseignants contractuels de l’Education risque de durer dans le temps.
Les étudiants, partis en congé depuis jeudi dernier, devraient reprendre les cours le 8 janvier prochain. Dans certains établissements universitaires, dont l’ENS de Constantine, les examens du premier semestre sont programmés pour la deuxième semaine de janvier. Ainsi, les «normaliens» décideront du gel ou de la poursuite de la grève après le retour des vacances.
Depuis le 12 décembre, les étudiants des ENS organisent des grèves, rassemblements et sit-in de protestation pour deux revendications phare : garantir la priorité de recrutement aux diplômés des ENS et régler la situation des diplômés des ENS qui travaillent par détachement. Les assurances du ministère de l’Education n’ont pu apaiser la colère des étudiants qui ont protesté depuis l’annonce de la décision portant titularisation des enseignants contractuels de l’éducation. En effet, le premier responsable du secteur a indiqué à deux reprises que les diplômés des ENS sont prioritaires dans le recrutement et que les postes affectés annuellement aux diplômés de ces établissements leurs sont exclusivement réservés. Mais, la Coordination des représentants des étudiants des ENS est catégorique. Elle a conditionné sa reprise des cours par la satisfaction de ses revendications. Les étudiants demandent d’épargner les spécialités formées dans les ENS de la décision de permanisation des contractuels de l’éducation, de régler la situation des enseignants qui travaillent par détachement en les intégrant dans les cycles pour lesquels ils ont été formés et de communiquer les chiffres du nombre de postes réservés aux sortants des ENS. n