Le bilan des cas de décès d’ovins ne cesse de s’alourdir en raison de l’épizootie qui sévit au sein du cheptel, notamment dans les régions dites à vocation pastorales. On parle de milliers de têtes.

Du coup, pratiquement tous les marchés à bestiaux ont été fermés jusqu’à nouvel ordre. Décision tout à fait légitime dès lors où il a été recensé, au 31 décembre 2018, 2 000 décès d’ovins. Un nombre annoncé par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi, lors de son passage mercredi et jeudi derniers dans la wilaya de Djelfa, où il était accompagné de son directeur des services vétérinaires Hachemi Kaddour Karim.
Une visite ponctuée par la rencontre avec les éleveurs ovins de la région au niveau de l’exploitation agricole Sidi Belgherbi, dans la commune de Deldoul (70 km au sud de la wilaya), ces dernier étaient nombreux à vouloir faire part au ministre de leur désarroi au point où ce dernier a eu du mal à contenir les voix protestataires qui fusaient de partout et où chacun tenait pour responsable de la situation les services vétérinaires de leur zone. Tandis que d’autres ont réclamé une assistance dans les plus brefs délais pour éviter la perte de leur cheptel. Devant ces accusations et autres exigences, le ministre a eu du mal à les convaincre que ses services sont depuis l’apparition de l’épizootie entièrement mobilisés. Et pour les rassurer Abdelkader Bouazghi leur a affirmé « la mise à leur disposition dans les prochains jours d’un vaccin spécifiques aux maladies épizootiques ». Il a de même tenu à faire savoir aux éleveurs qui l’interpellaient qu’« une quantité de vaccins a été fournie dans ce sens permettant d’éradiquer le virus dans certaines wilayas », ajoutant qu’une « autre quantité sera fournie au cours de ce mois pour accomplir l’opération ». Toujours dans le but de rassurer les éleveurs, le premier responsable du secteur leur a dit : « Le gouvernement suit avec intérêt l’état d’avancement de cette épizootie suite à une instruction du président de la République, Abdelaziz Bouteflika ». Et d‘ajouter dans ce sens : « Nous avons accéléré la mise en œuvre de plusieurs mesures et la situation est sous contrôle. » Et de révéler : « Nous avons rencontré dernièrement les services agricoles et les inspections vétérinaires à travers les wilayas, ainsi que la Fédération nationale des éleveurs et l’Association nationale des éleveurs. Nous suivons avec intérêt la situation dans toutes les wilayas, notamment les wilayas steppiques qui disposent de millions de têtes d’ovin, à l’instar de Djelfa, El-Bayadh, Saïda et Naâma. » Notons que lors de cette rencontre, des éleveurs ont interpellé le ministre sur la question des indemnisations « qui risquent de tarder au moment où l’on a le plus besoin », redoutent-ils. Le ministre leur a précisé que « devant un tel désastre, les indemnisations se calculent selon un barème précis, notamment sur la base de l’âge de la bête morte. Toutefois, si les services vétérinaires constatent une perte, l’Etat soutiendra les éleveurs ». Aux éleveurs qui craignent que le complexe des viandes rouges à Hassi Bahbah refuse leurs bêtes, le ministre les a réconfortés en leur disant : « Le complexe est prêt à acquérir auprès des éleveurs les têtes d’ovin dont les viandes sont saines à consommer. »
L’origine de la contagion
non identifiée
De son côté, le directeur des services vétérinaires auprès du ministère, repris par l’APS, a précisé en marge de cette rencontre que « pour l’heure, nous ne sommes pas encore arrivés à identifier l’origine de la contagion, contrairement à ce qui a été avancé çà et là que c’est la peste des petits ruminants. Nous devons donc attendre les résultats d’analyses qui vont nous permettre de savoir à quel type de virus nous avons à faire ». Ce responsable a par ailleurs fait savoir que « le ministre a ordonné l’accélération de l’achat du vaccin des petits ruminants disponible auprès de tous les laboratoires, alors que celui de la fièvre aphteuse est disponible auprès des laboratoires internationaux spécialisés ».
Concernant les mesures prises par le ministère pour endiguer l’épizootie, le premier responsable du secteur a fait état d’une série de décisions consistant à demander aux walis des wilayas frontalières d’intensifier le contrôle sur le mouvement de tous les ovins à l’intérieur et à l’extérieur du pays, outre la décision de fermeture temporaire des marchés de bétail et le contrôle de leur déplacement. Décisions qui viennent d’être mises en application. En effet, de nombreux walis et surtout là où le nombre de foyers sont importants ont ordonné la fermeture de leur marché à bétail hebdomadaire. Le dernier en date, celui de la commune d’El Kerma, dans la wilaya d’Oran, après que les services vétérinaires aient recensé 100 cas de bêtes mortes dans plusieurs communes de la wilaya en question. Autant dire enfin que le fléau s’est propagé de manière alarmante. Il y a lieu donc d’espérer que les pouvoirs publics passent à d’autres décisions afin de mettre à l’abri le cheptel ovin et que les éleveurs reprennent confiance.