L’avertissement adressé par le ministère de l’Education nationale fustigeant des grèves « sans aucune assise légale» a affaibli l’adhésion à l’appel de la coordination des enseignants du primaire pour un énième lundi de débrayage. Le taux de suivi de la grève observée hier a été « modeste » alors qu’il était « appréciable » la semaine passée, souligne un membre de la coordination des enseignants du cycle primaire.

Ce recul trouve manifestement son explication dans le « ton menaçant » de la missive du ministère de tutelle qui a déploré dans son communiqué les appels lancés sur les réseaux sociaux pour enclencher « des mouvements de protestation sans aucun respect de la législation, de la réglementation en vigueur et des lois de la République ».
La tutelle avait appelé «les parties concernées à faire preuve de prudence et de vigilance face à ces appels tendancieux et à ne pas les suivre », estimant que ces appels « ne reposent sur aucun cadre juridique autorisé, outre leur non-respect des procédures et obligations juridiques prévues dans le règlement général et les statuts y afférents ». Selon Houssam Maâdjoudj, membre de la coordination et représentant des enseignants de Batna, « le sit-in programmé devant la direction de la capitale des Aurès a connu une participation modeste », relevant que « le taux d’adhésion dans cette wilaya n’a pas dépassé les 20% alors que la semaine dernière il était d’environ 50% ».
Le même syndicaliste souligne, dans ce sillage, que le recul de l’adhésion à cette grève a gagné plusieurs wilayas à l’exception de quelques-unes où la mobilisation était au rendez-vous citant l’exemple de Bordj Bou Arreridj et Tizi-Ouzou.
Notre interlocuteur parle également d’un état d’incompréhension qui s’est installé parmi les enseignants du premier palier de l’éducation depuis le communiqué de la tutelle.
« Aucune réglementation ne nous empêche de faire grève, mais voilà qu’on nous adresse une véritable mise en garde, ce qui est incompréhensible», s’indigne le même syndicaliste.
Quelle suite à donner à ce mouvement, enclenché depuis le 6 octobre, maintenant que l’avertissement de la tutelle semble avoir refroidi fortement l’ardeur des enseignants ?
Au sein de la coordination représentant les enseignants du cycle primaire et qui aura défrayé la chronique depuis plus de quatre mois, deux options sont à l’ordre du jour. « La première est celle du boycott des examens du deuxième trimestre tandis que la deuxième consiste à entamer une grève de 13 jours d’affilé », fait savoir M. Maâdjoudj
« Personnellement, je suis avec cette deuxième option parce qu’elle ne va pas générer des sanctions administratives à l’encontre des grévistes, mais la première option du boycott demeure celle qui est la plus en vue pour le moment parmi les enseignants», a-t-il ajouté, expliquant qu’une « décision finale sera prise en fin de la semaine »
Les revendications de la coordination nationale des enseignants du cycle primaire portent notamment sur la suppression des taches non – pédagogiques ou à défaut bénéficier d’une compensation financière adéquate ainsi que l’application immédiate et avec effet rétroactif du décret présidentiel 14- 266 qui attribue l’échelon 12 aux enseignants du primaire.
La même coordination exige aussi l’unification de la classification avec les autres paliers de l’éducation nationale. Un alignement expliqué par la présence parmi les enseignants du cycle primaire de titulaires de licence de l’enseignement supérieur, ce qui était rare auparavant.
En tout état de cause, le recul de l’adhésion à la grève des enseignants du cycle primaire sera vérifié lundi prochain si la coordination des grévistes venait à reconduire son mode de protestation. Mais d’ici là, le secteur de l’éducation a rendez-vous avec un autre débrayage, demain (mercredi) à l’appel de l’UNPEF…<

Suivi appréciable de la grève des adjoints d’éducation
Le taux de suivi de la grève à l’appel des adjoints de l’éducation nationale a été «appréciable» a affirmé hier un communiqué du Syndicat national des adjoints éducatifs. Evoquant une adhésion qui avoisinerait les 90 %, la même coordination dénonce « les pressions et les contraintes » qu’ont subi les adjoints grévistes de la part des responsables des établissements scolaires. « C’est une atteinte aux libertés syndicales garanties par les lois de la Républiques », tient à dénoncer la même organisation qui promet de maintenir la pression.