Après que le ministre des Finances, Hadji Baba, Ammi ait mis en garde le 18 décembre contre le «dumping» de certaines compagnies d’assurances, le président de l’Union algérienne des sociétés d’assurance et de réassurance (UAR), Brahim Djamel Kassali, veut rassurer.

Ce responsable est invité ce matin au forum d’El Moudjahid et il s’expliquera certainement sur cette question. Car, en effet, Baba Ammi a pointé un sous-approvisionnement dans le secteur des assurances. «Certaines compagnies n’ont pas constitué les provisions selon le coût moyen réel. Ce sont ces compagnies qui auront des problèmes», a-t-il prévenu. Ces compagnies sont même surveillées par la Commission de supervision des assurances. Le ministère des Finances a aussi demandé un audit pour les provisions techniques. Selon Kassali, qui a donné son point de vue sur les objectifs de l’opération, cette dernière s’inscrit dans le cadre du programme de contrôle pour 2017 de la Commission de supervision des assurances qui vise à apprécier l’application des dispositions du décret exécutif du 28 mars 2013 relatif aux engagements règlementés des sociétés d’assurance, et plus particulièrement l’évaluation des méthodes de détermination des provisions techniques.
En intervenant dans un média électronique, il a ajouté qu’il s’agit d’une opération de contrôle classique, comme d’autres opérations de contrôle ont été réalisées chaque année sur d’autres thèmes liés à l’activité assurantielle.
Il rassure en soulignant qu’il n’y a pas lieu, « comme on a pu le lire dans certains articles de presse, de donner une interprétation négative à cette opération en faisant croire à une prétendue insolvabilité du secteur des assurances». «Cette opération est, au contraire, tout à fait positive et bénéfique pour le secteur des assurances », a-t-il expliqué. Brahim Djamel Kassali devra aussi expliquer aujourd’hui que le secteur des assurances a enregistré une activité soutenue au cours de ces dernières années. Son chiffre d’affaires global a fortement progressé durant la période 2005/2015, passant de 41,6 milliards en 2005 à 127,9 milliards de dinars à fin 2015, soit un taux d’évolution globale de 207,5 % et un taux d’évolution moyen annuel de 12%. Ces taux de progression sont particulièrement remarquables, même si Kassali reconnaît que le potentiel assurable en Algérie est très important et encore insuffisamment couvert. Le développement conséquent du chiffre d’affaires est la résultante des efforts consentis par les sociétés d’assurance pour étendre leur réseau de distribution, offrir de nouveaux produits et services assurantiels, et d’une manière générale améliorer la qualité de service, a-t-il ajouté. Le réseau de distribution des sociétés d’assurance s’est, en effet, fortement développé puisqu’il est passé d’environ 1230 agences en 2005 à 2223 agences en 2015. A ce réseau d’agences s’ajoutent les nouveaux points de vente ouverts par les sociétés d’assurance au titre de la bancassurance, avec environ 750 guichets d’assurance auprès des banques. Sans oublier l’évolution conséquente du nombre de courtiers d’assurance qui est passé de 20 en 2005 à 38 en 2015.