Le ministre de l’Education nationale veut une session BEM et bac 2022 sans bavure. Le ministère infligera de lourdes sanctions contre tout élément qui ne se présente pas au centre de déroulement des examens. La tutelle ne tolère aucune absence quelle qu’en soit la raison, y compris la présentation d’un certificat médical.

PAR MILINA KOUACI
Après avoir appelé à l’application rigoureuse de la loi contre les fraudeurs et mis en garde les diffuseurs de faux sujets à travers les réseaux sociaux et les tentatives de perturbation du bon déroulement des examens de fin de cycle, il menace de «sévère sanctions» le personnel qui n’assurera pas l’encadrement desdits examens. Le personnel de l’Education, concerné par l’encadrement des examens du baccalauréat et du BEM, est tenu de rejoindre les centres de déroulement d’examen pendant les épreuves. Aucun prétexte ne sera toléré, y compris les certificats médicaux. Seuls les congés de maternité et l’hospitalisation seront acceptés.
C’est, en effet, le cas de la direction de l’éducation de Bordj Bou-Arréridj, qui a rendu publique une note dans laquelle elle fait état des conséquences d’absentéisme de l’encadrement des examens officiels. Les absents seront suspendus de la promotion professionnelle pendant deux années, une sanction de premier degré leur sera infligée, une ponction sur salaire et de 20 points de la prime de rendement.
Il y a quelques années, le personnel de l’éducation «s’absentait et présentait des congés de maladies de longue durée pour ne pas être retenu à la tâche de surveillance des examens». Pour parer à ces agissements, le ministère a pris les devants. Il a brandi, dernièrement, la menace de rupture de contrats des enseignants contractuels qui avaient menacé de boycotter la surveillance des épreuves du bac et du BEM pour exiger l’intégration directe dans les postes vacants du secteur.
Outre les sanctions administratives, le ministère de tutelle a pris ses dispositions pour assurer le bon déroulement des examens de fin d’année. Il a fait appel aux enseignants du cycle primaire, non habitués à ce genre de tâche, qui seront mis sur des listes de réserves dans chaque centre d’examens pour faire face à tout imprévu.
Plaidoyer pour la réorganisation des examens nationaux
A l’approche des examens de fin de cycle, le ministère de l’Education nationale ne cesse de rassurer les candidats quant aux mesures prises pour garantir le bon déroulement de la session 2022. Le ministre, Abdelhakim Belabed, et des cadres de son département ont appelé les candidats à se concentrer sur leurs préparatifs et à ne pas se laisser distraire par les faux sujets qui sont diffusés sur les différentes plateformes durant les jours précédant les épreuves nationales.
L’inspecteur central au ministère de l’Education nationale Abbas Bekhtaoui a déclaré, récemment, que l’hypothèse d’une fuite des sujets du baccalauréat 2022 était «quasi nulle». Et ce, au regard des «mesures qui ont été prises par le ministère avec les autres départements pour que les sujets soient élaborés dans la discrétion la plus totale et arrivent en toute sécurité jusqu’à l’élève le jour de l’examen».
Les usagers d’internet se demandent, pour leur part, si la connexion internet sera coupée pendant les épreuves. Les perturbations de la connexion provoquent, en effet, un tollé parmi les usagers d’internet. Cette démarche, selon des experts des TIC, porte atteinte aux droits des abonnés internet et cause des pertes financières aux entreprises dont l’activité repose sur internet. Néanmoins, l’opérateur public Algérie Télécom ainsi que d’autres opérateurs de téléphonie mobile écartent toute coupure délibérée d’internet, qui se limite à des restrictions sur des réseaux de partage spécifiques, et seulement durant la première moitié de la durée de chaque épreuve pour sécuriser les examens et préserver leur crédibilité.
Néanmoins, ce qui inquiète les syndicats, ce sont les fortes chaleurs dans la région Sud du pays durant la période des examens. Certains ont plaidé, lors de la session 2021, l’aménagement d’un calendrier spécial bac pour les régions du Sud ou d’élaborer un calendrier des examens nationaux et de rentrée scolaire en prenant en considération les spécificités géographiques et climatiques de ladite région. «Les candidats examinent dans des classes non dotées d’appareils de climatisation, sans eau fraîche et sans eau potable dans certains centres d’examen», dénonce Boualem Amoura, le secrétaire général du Satef.
Il est à noter que pour la session 2022, le BEM est prévu du 6 au 8 juin, alors que le bac aura lieu du 12 au 16 juin prochain. Ils seront 700 000 candidats au baccalauréat, répartis sur plus de 2 500 centres d’examen au niveau national, alors que le nombre de candidats au BEM est de près de 740 000, répartis sur plus de 2 800 centres. <