Le ministère du Commerce n’a pas attendu longtemps pour fixer les modalités et les conditions de la reprise d’activité de certains secteurs après l’instruction du Premier ministre, annoncée samedi et portant sur l’élargissement des secteurs d’activités et l’ouverture de certains commerces à «l’effet de réduire l’impact économique et social de la crise sanitaire».

La démarche d’explication du département du Commerce était plus que nécessaire au vu des craintes et appréhensions suscitées par la mesure du Premier ministre en ce qu’elle pourrait affaiblir les mesures de prévention contre le nouveau coronavirus qui ne sont pas d’ailleurs vigoureusement appliquées. C’est ainsi que les salons de coiffure, foyers fortement appréhendés en temps de pandémie, sont soumis à sept conditions à inscrire dans le cadre de la prévention contre la propagation du Covid-19.
Il s’agit, en effet, de l’utilisation de masques pour le coiffeur et les clients, la prise en charge de deux clients uniquement dans le salon, la prise de RDV par téléphone, la fermeture des portes du local pendant le travail, la désinfection du salon et des outils de coiffure.
Pour les taxis urbains, les conditions portent sur la désinfection et le nettoyage quotidien du véhicule, le port du masque de protection obligatoire pour le chauffeur et le client, la stérilisation avec de l’eau de javel, des pièces de monnaie, la prise en charge de deux clients uniquement.
Aussi, le taxieur doit porter des vêtements longs et protecteurs et doit nettoyer et désinfecter toutes les surfaces qui pourraient être touchées par le client, comme les poignées internes et externes des portières du véhicule.
S’agissant des magasins de vêtements et de chaussures, il est exigé de leurs propriétaires de désinfecter les chaussures des clients à l’entrée, d’utiliser un thermomètre pour mesurer leur température, le respect de la distanciation sociale, les masques obligatoires pour les vendeurs et les clients et au maximum trois clients à l’intérieur du magasin.
Ces conditions viennent ainsi en accompagnement de l’instruction adressée récemment aux départements ministériels concernés ainsi qu’aux walis pour l’élargissement des secteurs d’activité et l’ouverture des commerces afin de réduire l’impact économique et social de la crise sanitaire induite par l’épidémie de Covid-19. Auparavant, M. Djerad a signé un décret exécutif portant assouplissement des horaires de confinement sur le territoire national, à compter du premier jour du mois de Ramadhan.

Ne pas s’écarter de l’urgence sanitaire !
Ces mesures qui viennent en réponse aux soucis socio-économiques, fortement exprimés après plusieurs semaines de confinement, notamment de la part des foyers à revenus journaliers, ne doivent pas cependant faire oublier aux citoyens l’urgence sanitaire et ce qu’elle exige comme prévention.
Pour Mohamed Bekkat Berkani, membre de la Commission de suivi de l’évolution de coronavirus, il y a nécessité du maintien des gestes barrières contre cette crise sanitaire qui est toujours patente». Les citoyens doivent se dire que la pandémie «n’est pas derrière nous et que des décès de personnes affectées continuent à être constatés», avertit-il.
Pour sa part, l’universitaire et enseignant de sociologie politique, Noureddine Bekkis, a plaidé pour un surcroît de discipline et du respect des mesures de prévention, deux éléments essentiels dans la lutte contre le coronavirus.
«Le citoyen doit changer ses habitudes par mesure conservatoire et réguler ses rapports sociaux pour s’adapter aux contraintes du Covid-19 afin de pouvoir s’immuniser collectivement», a-t-il déclaré tout en insistant sur «la discipline des citoyens et de leur respect des mesures préventives».
L’universitaire estime que l’attitude des citoyens envers le confinement se décline en deux catégories. La première s’y est sérieusement conformée, consciente de la nature même des risques, tout en étant confortée de ses moyens suffisants, tandis que la deuxième, non pas forcément insouciante, mais ne disposant pas de la capacité à observer le confinement pour des raisons matérielles ou sociales.
Le dé-confinement progressif serait-il une bonne idée ? L’universitaire, repris par l’APS, met en garde vu la persistance du danger, estimant toutefois «possible» une reprise dans certains domaines importants, tels la scolarité notamment pour les classes terminales.
Selon le professeur de psychologie sociale, Farida Guemaz, «le citoyen est le seul à même d’enrayer la progression du virus en respectant les consignes de prévention».
«Grâce à la discipline du peuple chinois qui a respecté les instructions de son gouvernement, l’épidémie a été largement endiguée en Chine», a-t-elle fait remarquer , appelant à s’inspirer de cet exemple.
«Les cas de contamination et de décès qui seront enregistrés les prochains jours renseigneront sur le niveau de suivi par les citoyens des consignes préconisées par le gouvernement à travers l’assouplissement des horaires de confinement sur le territoire national», a ajouté Guemaz, appelant les citoyens à la discipline pour éviter une nouvelle vague d’épidémie aux conséquences désastreuses.
L’Association algérienne de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (Apoce) a soutenu, quant à elle, que le strict respect des mesures de confinement et de prévention favorise «l’accélération de l’extinction de l’épidémie». n