La revendication phare du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), qu’est l’abrogation du service civil, semble mise de côté pour l’instant au profit d’une autre, celle portant sur la définition du statut du médecin résident. C’est ce point justement qui a été inscrit à l’ordre du jour de la réunion, prévue aujourd’hui, au ministère de la Santé.

«Cette rencontre est une séance de travail avec la commission installée par Mokhtar Hasbellaoui», a indiqué le représentant du Camra, Hamza Boutaleb. Une commission, rappelle-t-il, «chargée de revoir le statut particulier». Selon lui, il s’agira également d’éclaircir «des propositions du ministre qui sont restées floues». Il explique que le ministre de la Santé a donné son accord pour la révision de ce statut, «dans le compte-rendu de réunion, on parle de révision, ce qui veut dire apporter des corrections aux insuffisances». Soit ! Il y a, d’autre part, la question du «droit syndical également reste floue», selon M. Boutaleb, dans la mesure où le Camra est un collectif et non un syndicat, faisant allusion au fait que la justice avait déclaré la grève du Camra comme illégale, reconnaissant au Camra le statut de syndicat, ce qu’il n’est pas ! Une question à trancher avec les représentants des ministères de la Santé, du Travail et de l’Enseignement supérieur, qui seront présents à cette rencontre, alors qu’en parallèle, les actions de protestations, elles, se poursuivent.
D’ailleurs, le collectif va se réunir au cours de cette semaine pour décider de nouvelles actions à mener sur le plan national, a encore affirmé le Dr Boutaleb. Il assure que la menace d’une démission collective n’est pas écartée dans le cas où les négociations entreraient dans une impasse. Les résidents de plusieurs CHU ont voté pour l’arrêt du service minimum, y compris les week-ends et les jours fériés, à partir du 1er mai.
Auparavant, ils assuraient les gardes, de jour comme de nuit, mais suite au gel de leurs salaires et aux ponctions qu’ils ont subies, les résidents ont décidé d’arrêter les gardes de jour (8H à 16H) pour dénoncer ces mesures, «illégales» selon eux. Cette dernière décision va-t-elle envenimer la situation des CHU à travers le pays ? Certains pensent que cette grève, qui dure maintenant depuis six mois, a impacté la prise en charge des malades. Le personnel des établissements de santé est dépassé et n’arrive plus à assurer la prise en charge correcte des patients qui viennent des régions éloignées. Concernant la nouvelle loi sanitaire, actuellement en débat à l’APN, le ministre de la Santé, M. Hasbellaoui, est revenu, hier, sur l’importance de maintenir le service civil pour «réduire l’écart en matière de prestations sanitaires, préventives et thérapeutiques dans les régions à faible couverture sanitaire et ce, en concrétisation du rôle social de l’Etat qui garantit les droits fondamentaux dans le cadre de la solidarité nationale». Il a souligné dans ce sens que l’Etat se chargeait de la mobilisation de tous les moyens matériels, humains et techniques pour accomplir le service civil dans des conditions favorables. De son côté, le Dr Boutaleb a réagi à ces déclarations en réaffirmant que le Camra est «toujours ouvert au dialogue», rappelant que lors des négociations, quand le ministre a refusé d’abroger le service civil «il était alors dans l’obligation de donner des alternatives et des propositions proches de nos revendications».