PAR NAZIM B.
Le Parti des travailleurs (PT) a fait part de son souhait de voir se fermer de manière «définitive» ce qu’il qualifie de «parenthèse d’atteinte aux libertés démocratiques», un plaidoyer rendu public à la veille de la comparution, hier, d’une dizaine d’accusés devant le juge du tribunal criminel de Dar El Beïda (Alger) et dont le sort n’avait pas été encore tranché en fin de la journée.
En cause, le retard pris dans le déroulement du procès suite à l’absence de quatre accusés en détention provisoire. Il s’agit d’Azzam Hocine, Ait Chebib Bouaziz, Hamzi Lounes, détenus à la prison de Koléa, et de Younès Oudli, détenu à Oran, qui n’ont pas été ramenés de leur lieu de détention.
«Les avocats ont exigé dès lors leur présence pour le déroulement du procès», selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), qui a relevé que le président de l’audience a décidé de suspendre l’audience jusqu’à l’arrivée des accusés.
Selon des sources au fait du dossier, 49 accusés dont 5 sont poursuivis en vertu de l’article 87 bis au moment où 34 personnes, en liberté provisoire, ont vu leurs accusations requalifiées par la chambre d’accusation, tandis que 12 sont absents ou «présumés en fuite».
En effet, la formation de Louisa Hanoune a exprimé son soulagement suite à la libération, durant le week-end dernier, de plusieurs détenus politiques et d’opinion, notamment à Alger et Batna, tout en réclamant celle de tous les détenus et en espérant «la fermeture définitive de la parenthèse des atteintes aux libertés démocratiques». «A cette occasion, le Parti des travailleurs exprime l’espoir que le processus qui a conduit à la libération de plusieurs détenus politiques et d’opinion ainsi que d’abandon de poursuites judiciaires à l’encontre de dizaines d’autres citoyennes et citoyens, se poursuive pour toucher l’ensemble des détenus politiques et d’opinion et des personnes poursuivies pour leurs opinions politiques et fermer ainsi la parenthèse des atteintes aux libertés démocratiques fondamentales», a indiqué le PT dans un communiqué.
Vendredi, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Abderrachid Tabi, a abordé, à Genève (Suisse) lors de la session du Groupe de travail intergouvernemental du Conseil des droits de l’homme, la question des libertés. «La démocratie ne s’accommode pas des comportements portant atteinte à la dignité des personnes, tout comme la liberté d’opinion, d’expression ou de réunion ne peut être fondée sur la logique de la subversion, des appels à l’insubordination, voire au séparatisme, ou à d’autres fins et tentatives de contourner le processus électoral afin d’accéder au pouvoir loin des voies constitutionnelles» a-t-il dit. Estimant que «la démocratie ne peut se consolider que dans le cadre de la transparence exigée», le garde des Sceaux a souligné que «la liberté d’opinion et d’expression ne doit pas être un outil de subversion ou un vecteur de propagation de la violence ou de discours haineux, à même de menacer le tissu social des pays». Le ministre de la Justice a soutenu, par la même occasion qu’«en Algérie, le crime d’opinion et de presse n’existe pas, ni même les peines privatives de liberté pour les
journalistes dans le cadre de l’exercice de leur métier».
Pointant du doigt ce qu’il considère comme «les cas rares, délibérément surexploités sur les réseaux sociaux, concernant des individus poursuivis en justice sur la base du droit public et qui n’ont rien à voir avec la liberté d’expression. Ces individus ne disposent pas d’un statut de journaliste ni d’une accréditation nationale au profit d’un organe de presse étranger donné». <