L’Association des producteurs algériens de boissons (Apab) s’est engagée, hier, à hausser le niveau d’intégration dans sa filière. Dans cette perspective, l’Apab et les producteurs locaux d’arômes se rencontreront « mensuellement » afin d’actualiser la liste des intrants et arômes à ne pas importer, a indiqué hier le président de cette association, Ali Hamani.

« Nous nous sommes engagés sur le principe que l’intégration sera maintenue, que ce soit en amont ou en aval de la filière », a souligné M. Hamani, lors d’une conférence de presse tenue au lendemain de la levée de la suspension de l’importation des arômes, décidée la veille par le ministère du Commerce. « Nous poursuivons le dialogue avec les producteurs d’arômes. Nous continuerons à travailler ensemble jusqu’à la finalisation des objectifs de chacun », a-t-il assuré, en présence du président du consortium des producteurs d’arômes, Abdelouahab Ziani.
Se félicitant de la décision du département de Saïd Djallab, le président de l’Apab ne manquera pas pour autant d’appeler les institutions publiques à maintenir la concertation avec les opérateurs. Cette concertation, dira-t-il « pourra porter ses fruits pour l’ensemble des acteurs concernés ». D’autre part, le représentant des producteurs de boissons se dit conscient de la situation que traverse le pays et formule l’engagement des opérateurs économiques de la filière boisson à aller vers plus d’intégration locale lorsque les intrants sont disponibles en Algérie. « Chaque fois qu’un arôme est prêt à être utilisé, il sera acquis localement », rassure-t-il, expliquant que des arômes spécifiques nécessitent un délai de fabrication et de validation de plusieurs mois.
Ce que confirmera Abdelouahab Ziani, soutenant, de son côté, que les producteurs d’arômes convergent sur le fait qu’un grand nombre d’arômes peut être fabriqué localement, mais, précisera-t-il « avec un délai de plusieurs mois ». C’est pourquoi le consortium qu’il préside « a tracé une feuille de route » en collaboration avec l’Apab « sous les yeux du ministère du Commerce afin de connecter l’ensemble des filières nationales entre elles », a fait savoir M. Ziani. « Nous sommes en train de fournir les références petit à petit », poursuivra-t-il, se réjouissant des « aspects positifs » apportés à la production des arômes en Algérie durant leur interdiction d’importation. Cette mesure a « permis de réveiller de nombreux producteurs nationaux qui sont capables de nous fournir les intrants nécessaires à la production d’arômes », précisera-t-il, citant l’exemple de certaines huiles essentielles que son entreprise, à savoir Arômes d’Algérie, importait auparavant. « Les chaînes de valeur commencent à s’intégrer grâce à l’apport de TPME qui viennent désormais vers nous afin de nous fournir certains intrants », dira encore M. Ziani. Dans un communiqué publié hier, le ministère du Commerce a, pour sa part, indiqué que les opérateurs de la filière alimentaire ont proposé un délai de six mois renouvelable pour permettre aux fabricants d’arômes de répondre aux besoins suite à la levée de la suspension de l’importation de ces intrants alimentaires. La levée de la suspension à l’importation des arômes, suite à la révision et la mise à jour de la liste des produits suspendus provisoirement à l’importation, « entre dans le cadre de la démarche de concertation par filière prônée par le ministère du Commerce, et des conclusions des réunions successives regroupant le consortium des producteurs d’arômes, l’Association des producteurs algériens de boissons (Apab) et les producteurs de biscuits », note la même source. Un engagement par les opérateurs-utilisateurs d’arômes a été pris pour intégrer graduellement les intrants de la filière « arômes », fabriqués localement, dans la production des boissons, jus, produits laitiers et biscuits, confirme encore le ministère. Pour rappel, la levée de suspension sur certains intrants concernent plusieurs produits, à l’instar des jus et boissons, les yaourts, les biscuits, les confiseries et les chocolats.