Les principaux produits agricoles négociés sur le marché mondial, dont l’Algérie est considérée comme étant un des plus grands importateurs mondiaux, dont les céréales, le sucre, la poudre de lait et les huiles végétales, ont connu des variations à la hausse au mois d’avril dernier comparativement à mars et en glissement annuel avril 2021-avril 2020.

Par Hakim Ould Mohamed
Dans l’Indice FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) des prix des produits agricoles du mois d’avril, il en ressort que l’ensemble des biens agricoles cotés sur le marché mondial ont connu des hausses en avril, comparativement à mars. Mais ces hausses sont importantes en variations annuelles, allant jusqu’à +60% pour le sucre en guise d’exemple. Globalement, l’Indice FAO des prix des produits alimentaires s’est établi ainsi en moyenne à 120,9 points en avril 2021, soit une hausse de 2,0 points (1,7%) par rapport à mars. En variation annuelle, l’Indice a progressé de 28,4 points, soit de 30,8% d’avril 2020 à avril de cette année. Il s’agit de la onzième hausse mensuelle consécutive de la valeur de l’Indice, qui atteint ainsi son niveau le plus haut depuis mai 2014. «La hausse enregistrée en avril est due en premier lieu à l’augmentation des prix du sucre, puis de ceux des huiles, de la viande, des produits laitiers et des céréales», lit-on dans l’Indice FAO des prix des produits alimentaires. Dans le détail, l’Indice FAO fait constater que les prix des céréales ont connu une hausse de 1,2% en avril par rapport à mars. Les cours des céréales ont en revanche progressé de 26,0% en glissement annuel. Les prix des huiles végétales ont augmenté de 1,8% en avril par rapport à mars. Les prix des produits laitiers se sont inscrits en hausse en avril, soit de 1,2% par rapport à mars. Il s’agit du onzième mois consécutif de hausse de l’Indice, qui grimpe de 24,1% par rapport à son niveau enregistré il y a un an. L’Indice FAO des prix du sucre a gagné 3,9% depuis le mois de mars, et augmente de près de 60% par rapport à son niveau au même mois l’année dernière, alors que celui des viandes a progressé de 1,7% le mois dernier par rapport à sa valeur légèrement révisée de mars, enregistrant ainsi son septième mois de hausse consécutif et un niveau supérieur de 5,1% à celui du même mois de l’année dernière.

Réforme des subventions, un facteur aggravant
L’organisme onusien explique dans son Indice que cette augmentation généralisée des prix s’explique par une forte demande et le resserrement des disponibilités de certains produits. Cependant, cette hausse pourrait se traduire, en Algérie, pays qui figure parmi les plus grands importateurs mondiaux de céréales et de poudre de lait, entre autres, par un rebond de l’inflation dans les mois à venir, dont le taux n’a cessé de progresser depuis octobre dernier. Le taux d’inflation moyen annuel en Algérie a atteint d’ailleurs 2,6% à fin janvier dernier, contre une moyenne annuelle de 2,4% en 2020. La loi de finances 2021 prévoit un taux d’inflation de 4,5% cette année, alors que le FMI s’attend à ce qu’il atteigne 4,9% cette année et 6% l’an prochain. L’hypothèse d’une inflation importée qui viendrait aggraver les tensions actuelles est d’autant plus sérieuse que le gouvernement, par la voix de son ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, annonce une révision du dispositif des subventions généralisées dès le second semestre de cette année. Cette levée de pied annoncée sur le soutien aux prix se traduirait mathématiquement par une forte hausse des cours appliqués sur le marché national. Des hausses ont été d’ailleurs constatées dans les prix des pâtes alimentaire au lendemain du retrait de l’Etat du soutien aux prix des céréales vendues par l’OAIC aux minotiers. Une refonte de la politique des subventions aux prix signifie que les cours du sucre, des huiles et du lait augmenteraient dès la seconde moitié de l’année, étant donné que ceux-ci ont connu d’importantes hausses sur le marché mondial. Dit autrement, une hausse des prix des intrants à l’importation se traduit forcément par une hausse des prix à la production et à la consommation. Dans ce contexte, une hausse du taux d’inflation dans les mois à venir est comme inévitable, alors que d’importants dysfonctionnements caractérisent d’ores et déjà les marché, faute de régulation.