Le ministère de l’Enseignement supérieur et celui de l’Éducation nationale ont réagi, hier, à la protestation que mènent les étudiants des Ecoles normales supérieures (ENS) qui s’inquiètent pour leur avenir une fois le diplôme obtenu.

PAR MILINA KOUACI
Les deux tutelles ont adressé des messages pour rassurer les étudiants qui ont poursuivi hier encore leur mobilisation dans les différents établissements de formation des enseignants. Les ministères de l’Enseignement supérieur et de l’Education nationale œuvrent ainsi à rassurer les protestataires sur leur droit au recrutement direct dans le secteur de l’Education.
Les actions de protestation des étudiants des ENS font suite à la décision du président de la République, à l’issue du Conseil des ministres tenu dimanche dernier, de titulariser près de 60 000 enseignants contractuels de l’Education nationale. Les étudiants des Ecoles normales supérieures ont observé des grèves et des rassemblements au niveau des ENS sur tout le territoire national. Hier, les protestataires ont à nouveau scandé des slogans hostiles au ministère de l’Education nationale et brandi des pancartes sur lesquelles ils demandent de régler la situation des diplômés qui travaillent par détachement, avant de procéder à la permanisation des contractuels et aussi «des garanties de recrutement direct» ainsi que «la priorité dans le recrutement». Les étudiants s’appuient sur l’engagement du ministère de l’Education nationale à les recruter directement à la fin de leur formation, conformément à l’article 4 du contrat qui les lie au ministère de l’Enseignement supérieur et à celui de l’Education nationale, lequel leur donne la priorité dans le recrutement au niveau de leur lieu de résidence. Les protestataires estiment que la démarche du président de la République réduit leurs chances d’être recrutés directement à la fin de leur cursus alors qu’ils sont «prioritaires» dans l’octroi des postes d’enseignants dans les trois paliers de l’Education.
Face à la grogne, l’Ecole normale supérieure de Kouba à travers le ministère de l’enseignement supérieur a réagi en affirmant que les diplômés des ENS demeurent prioritaires dans le recrutement de l’Education nationale. Le contrat qui lie ce ministère aux étudiants des ENS priorise la catégorie des diplômés. «Nous rassurons nos étudiants que l’accès à un poste de travail après la fin de cursus est un droit garanti par la loi et les contrats signés au début de chaque année universitaire», a indiqué l’ENS de Kouba dans un communiqué rendu public. Le ministère de tutelle, ajoute la même source, a indiqué que «cette mesure reste en vigueur cette année et les années qui suivent».
Via ce communiqué, le ministère de l’Enseignement supérieur et celui de l’Education nationale tentent d’apaiser la colère des protestataires en assurant que l’intégration des 59 987 contractuels ne porte en aucun cas atteinte à leurs droits et aux postes qui leur sont réservés. A Laghouat, l’Union nationale des étudiants (Unea), qui a menacé la veille d’entrer en grève ouverte, a demandé d’expliquer aux étudiants «les conséquences» de la titularisation de près de 60 000 contractuels sur le sort des diplômés des ENS. «La plupart des sortants des ENS sont recrutés par détachement», regrette l’Unea. Cette organisation estudiantine indique toutefois que les «normaliens» ne «sont pas contre la décision du Conseil des ministres portant titularisation d’une quelconque catégorie», en insistant qu’ils ont «le droit et la priorité» et demandent «de régler la situation des détachés et les recruter dans les paliers pour lesquels ils sont formés». Dans un autre volet, après avoir installé une commission chargée de l’encadrement et du contrôle de la mise en oeuvre efficace de la décision du président de la République, le département de Abdelhakim Belabed a instruit les directions de de son département d’établir des listes nominatives des enseignants contractuels avec le P-V d’installation en tant que contractuels et une liste des contractuels dont le contrat a été résilié.
Le ministre de l’Education nationale avait donné des instructions, lors des conférences nationales consacrées à la préparation de la rentrée scolaire 2022/2023, pour notifier et recenser les postes vacants dans les trois cycles. Il a enjoint, également, de maintenir autant que possible les enseignants recrutés sur la base de contrats au cours des années scolaires passées. <