Par Bouzid Chalabi
Grosse frayeur du côté des aviculteurs de la wilaya de Sétif. Et pour cause. L’un d’entre eux vient de perdre subitement et d’un seul coup 4 000 poulets de chair, donc à ajouter aux 25 000 autres qui ont été décimés tout récemment dans cette même wilaya. Le dernier bilan fait état de 30 000 poulets décimés sans compter les cas non déclarés par certains éleveurs.
Pour l’heure, les éleveurs de cette wilaya craignent que ce ne soit la grippe aviaire qui ait emporté ce nombre important de poulets, mais cela reste à confirmer.
A ce propos, selon la Direction des services vétérinaires (DSV) auprès du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, «seuls les résultats d’analyses viendront le confirmer ou l’infirmer».
Sur ce dernier point, Reporters apprend d’une source proche de la DSV, que «des équipes vétérinaires sont sur place afin de prélever des échantillons pour ensuite les analyser au niveau du laboratoire le plus proche, c’est-à-dire celui de Constantine. Les résultats vont permettre de déterminer avec exactitude le type de virus qui a sévi dans certaines batteries d’élevage dans la wilaya de Sétif». Mais faut-il savoir que d’ici là, les rumeurs vont aller en s’amplifiant. Celle qui a beaucoup circulé jusqu’ici, au sein des aviculteurs de la wilaya, c’est une maladie inconnue et non un virus. Une autre rumeur avance que les plus de 30 000 poulets d’élevage décimés n’ont pas la même cause.
Ceci dit, il convient de souligner que la DSV n’est pas à sa première alerte en la matière puisque le 9 février dernier, un foyer de grippe aviaire (virus H5N8) a été découvert dans un élevage de poules pondeuses dans la commune Aïn Fekroun (wilaya d’ Oum El Bouaghi) entraînant la perte de 50 000 sujets et 1 500 autres abattus par mesure de précaution. Du coup, la DSV s’était, à l’époque, fixé comme objectif d’enrayer coûte que coûte la prolifération du H5N8. En effet, ce type de virus peut affecter de façon très rapide les élevages avicoles par son caractère pathogène pour tous les oiseaux, canards, oies, en passant par les poules, qu’ils soient sauvages ou domestiques. Pis encore. En cas d’infection, les volailles peuvent mourir en seulement quelques jours. En revanche, cette forme de grippe aviaire, issue de sous-type H5N8 de virus influenza, n’est pas transmissible à l’homme, et peut donc continuer à consommer les produits carnés blancs.
Pour rappel, l’apparition de foyers H5N8 a été constatée dès l’été dernier, en Russie et au Kazakhstan. L’épizootie a ensuite progressé vers l’Ouest, atteignant récemment les Pays-Bas, l’Allemagne puis, le Royaume-Uni. Depuis, une dynamique d’infection s’est emballée puisque 13 cas en faune sauvage et un foyer en élevage de poulets de chair, aux Pays-Bas, et 13 cas chez les oiseaux sauvages, en Allemagne, ont été décelés. Comme il faut savoir enfin que le 3 novembre dernier, un premier foyer a été découvert dans le nord-ouest de l’Angleterre. n