Battu pour la troisième fois en championnat cette saison, le Real Madrid n’a pas existé samedi à domicile face à une équipe d’Alavés qui n’a même pas eu à se sublimer pour empocher les trois points (1-2). Sans un ADN clairement marqué et avec des individualités pas au niveau, les Merengue sont loin de l’équipe dominante de la fin de saison passée. Par où commencer ? Par cette stat, peut-être, symbolisant le trou noir dans lequel se trouve le Real Madrid : le club merengue a perdu trois de ses six derniers matches en Liga. Soit le même total que sur les 42 parties précédant ce début de série. Cela vous situe un peu la situation madrilène à l’issue de la onzième journée. Le champion en titre n’a pas encore dit adieu à sa couronne, certes. Mais le danger d’une saison en mode montagnes russes guette déjà. Car analyser le Real depuis le début de l’exercice, c’est accepter de n’avoir aucune ligne directrice logique, aucune constance. Comme si le logiciel merengue redémarrait à chaque coup d’envoi. Samedi, face à Alavés, il a carrément disjoncté. Même Zinedine Zidane l’a admis : « On alterne entre de bons et de mauvais moments. L’autre jour à Milan (mardi) on fait un bon match, et aujourd’hui (samedi), trois jours plus tard, on fait un match comme celui-là à la maison… C’est compliqué. On n’a pas de régularité dans nos matches et nos résultats, c’est vrai. Aujourd’hui, ça a été notre pire début de match de la saison ».

FAILLITES INDIVIDUELLES, CARENCES COLLECTIVES
« Je n’ai pas d’explication », a-t-il même soufflé, perplexe face aux maux qui touchent son groupe. Sans Karim Benzema, encore absent, le Real n’a même pas pu compter sur un Eden Hazard retrouvé, sorti dès la demi-heure de jeu pour un nouveau coup reçu à la jambe droite.
Derrière, même Thibaut Courtois, pourtant irréprochable ces dernières semaines, a failli en offrant un but improbable sur une relance ratée. Sans parler d’un Marcelo qui ressemble de plus en plus au coupable idéal (les 10 défaites de Zidane depuis son retour ont toutes eu lieu lorsqu’il était titulaire, NDLR). Alors, quand l’ADN collectif ne répond, que les individualités font défaut et que le collectif plonge… « On n’arrive pas à changer la dynamique à l’intérieur d’un même match, a poursuivi ZZ. Ça, ça me dérange, et je crois que les joueurs aussi ».
Dès lors, c’est le spectre d’une saison bizarroïde qui guette les Merengue. Mais, au moins, ils en sont conscients : « C’est une Liga très différente cette saison, a commenté Casemiro, buteur en fin de match. Toutes les équipes perdent des points, il faut qu’on réussisse à s’adapter car on perd des points mais on travaille. Mais ce championnat est vraiment dur, n’importe quelle équipe du bas de tableau peut t’embêter ». C’est surtout vers le haut qu’il va falloir regarder. Car l’Atlético, lui, continue d’engranger et de gagner en confiance. Au point d’avoir déjà six points d’avance. Mais surtout une chose derrière laquelle Zidane et les siens semblent courir après : « Pour le moment, le problème que l’on a, c’est la régularité ». Difficile de lui donner tort. n